La semaine de relâche vient tout juste de débuter, et partout au Québec, les collines sont assaillies d’enfants venus tester la robustesse de leurs luges et l’imperméabilité de leurs mitaines. Pour offrir une pause bien méritée aux parents qui auront découvert des muscles qu’ils ne s’imaginaient pas, Tënk lance en grande primeur son tout premier Parcours d’initiation au cinéma documentaire jeunesse… offert gratuitement à tous·tes!
Cinq films pour initier les plus jeunes à la richesse inimitable du documentaire et ouvrir la discussion sur des sujets audacieux : neuroatypie, différence, identité culturelle, communautés autochtones, éloignement, visite dans l’espace ou rêves pour le futur… Profitez d’une pause cinéma pour refaire le monde avec vos enfants, et reconnecter avec leurs réflexions intimes!
Ce parcours peut être utilisé en classe, en famille, entre ami·e·s! N’hésitez pas à le partager autour de vous et à l’utiliser pour susciter la réflexion et initier les jeunes au documentaire! Tous les films sont accompagnés de l’avis filmé de nos enfants expert·e·s, de pistes de réflexion et d’une liste de questions pour animer les discussions.
On débute le parcours d’initiation avec Là où je vis, petit bijou nordique qui fera paraître négligeable le -12 degrés actuel. Le film nous présente la jeune Martha, une jeune fille de 16 ans qui vit au Nunavik, au nord du Québec, dans un petit village isolé de 200 habitant·e·s nommé Aupaluk. Le film permet aux jeunes de réfléchir aux réalités autres qui les entourent : à quoi pourrait ressembler ma vie si j'étais né·e ailleurs? C'est là le début d'une réflexion profonde sur le décentrement, le relativisme, la découverte de l'altérité. Une belle façon d'introduire les enfants à la richesse des Premiers Peuples à travers les yeux d'une jeune femme incarnant toute la vitalité et les tensions des réalités contemporaines.
D’une jeune femme à une autre… mais qui ne saurait être plus différente! La jeune Jeanne, 10 ans, est passionnée de skate et de snowboard. Diagnostiquée d’une dysorthographie, d’un TDAH, d’une dyscalculie et d’un trouble du développement de la coordination, elle fait face à une baisse de ses résultats scolaires qui remet en question son choix d’école secondaire. Rang du lièvre est un film qui aborde la neuroatypie de façon très tendre et pleine d'empathie, permettant aux enfants de s'identifier à Jeanne et à sa façon candide et résignée d'affronter les épreuves. Il permet de réfléchir à la résilience et à la détermination, tout en nous donnant accès à la sensibilité de la jeune fille. Alors qu’entre 10% et 15% de la population québécoise est considérée neurodivergente, les discussions sur la diversité et les différentes formes d’intelligence n’arriveront jamais trop tôt!
Autre sujet sensible constamment mobilisé dans les médias : l’immigration. Face à un discours culpabilisant et hostile, les enfants issus de deuxième et troisième génération d'émigrant·e·s peuvent se sentir ostracisés et rejetés par la société québécoise. Il semble donc crucial de réveiller rapidement tous les enfants à la question des origines, pour encourager un portrait complexe et nuancé de la réalité. Tout le monde est « d'ici et d'ailleurs ». De plus, comme les trajectoires migratoires peuvent parfois entraîner des bris de transmission, le visionnement de D'ici, d'ailleurs peut encourager les enfants à aller questionner leurs parents et grands-parents sur leurs récits de vie et leurs origines, offrant une belle occasion de renouer les fils manquants. Le court métrage offre un très beau prétexte pour ouvrir une discussion bienveillante et riche sur les provenances croisées de tout un chacun.
J'aime toute est un très court film candide et plein d'humour sur le quotidien d'un jeune garçon de Nutashkuan, José, huit ans. Par le biais de ce film à la première personne, filmé en caméra subjective, nous voilà plongé·e·s dans la perspective unique de ce jeune garçon innu aussi attachant que dynamique. Le court métrage permet autant d'aborder les réalités autochtones – l'existence des différentes nations, l'histoire de la colonisation, la survivance des langues – que de discuter de la fabrication d'un film. En effet, par son langage simple et sa narration, J'aime toute peut donner envie aux enfants de réaliser leur propre portrait filmé, et leur faire prendre conscience des éléments importants qui comptent pour eux dans leur vie et leur communauté.
Notre très beau Parcours d’initiation se termine avec un documentaire animé : On est pas près d'être des super héros, une célébration de l'imagination débridée des enfants. En donnant la parole à plusieurs enfants qui réfléchissent à haute voix sur toutes sortes de sujets à travers des entrevues très libres menées par la cinéaste, le film explore par le biais de l'animation l’espace liminal entre l'enfance et la jeunesse. La cinéaste capte magnifiquement ce moment charnière où les enfants se voient contraints d’abandonner le monde sans loi de l'imaginaire pour se mouler au monde de la raison. Le film peut être visionné avec de très jeunes enfants ou avec les plus grand·e·s, pour réfléchir au passage vers l'adolescence ou pour remobiliser les sensations héritées de leur petite enfance encore proche. Un film tout en poésie qui a charmé toute notre équipe; de trois ans à 53 ans!