Le court métrage documentaire est un territoire de liberté où les formes, les récits et les écritures se renouvellent sans cesse. Par sa durée condensée, il invite à l’expérimentation, à l’audace formelle et à une grande précision du regard. Loin d’être un simple format de passage, il est souvent le lieu d’inventions majeures, où se déploient des gestes cinématographiques singuliers, capables de saisir le réel avec intensité, sensibilité et créativité.
À l’occasion de sa 10e édition, le Festival Plein(s) Écran(s) célèbre une décennie d’audace, de découvertes et de passion pour le court métrage. Du 21 au 31 janvier 2026, le festival invite le public à une grande fête du cinéma court, à la fois festive, vibrante et rassembleuse. En plus des événements en salle, Plein(s) Écran(s) transforme son site web en un véritable espace de diffusion et de rencontres, repensé pour préserver l’interactivité, la proximité et l’esprit communautaire qui ont façonné l’identité du festival au fil des ans. Cette édition anniversaire affirme plus que jamais son engagement envers un cinéma libre, inclusif et profondément ancré dans ses valeurs.
Pour souligner cet anniversaire marquant, Tënk est fière de s’associer à l'équipe de Plein(s) Écran(s) en proposant une semaine de programmation dédiée à leurs plus récents coups de cœur. Cinq courts métrages qui témoignent de la vitalité du cinéma documentaire et de sa capacité à explorer, avec audace et sensibilité, les enjeux du corps, de l’intimité, de la mémoire, de la transmission et des formes actuelles de résistance.
Bon festival et longue vie à Plein(s) Écran(s) !
Sans paroles et portée par une trame sonore immersive, Pidikwe fait émerger six femmes autochtones de générations différentes dans une montée en puissance visuelle et chorégraphique saisissante. À la croisée du cinéma, de la performance et de l’art visuel, Caroline Monnet célèbre l'art de la danse comme langage de mémoire, de résistance et de projection vers l’avenir. Les corps deviennent ici archives vivantes, manifestes et promesses d’un futur autochtone rayonnant, affranchi des regards coloniaux.
À travers le parcours de Gabriel Drolet-Maguire, designer de mode queer montréalais, ce premier documentaire de Nancy Pettinicchio interroge avec sensibilité ce que signifie vivre avec le VIH aujourd’hui. Entre confidences intimes, archives militantes des années 90 et animation à l’esthétique VHS, le film tisse un dialogue intergénérationnel vibrant. Ça va finir par finir rappelle que la lutte contre la sérophobie demeure essentielle et que l’art, la militance et l’entraide sont toujours des actes de résistance.
Par une nuit d’hiver à Natashquan, des figures masquées errent, entrent dans les maisons, observent en silence. Avancer masqué revisite la tradition de la Mi-Carême sous la forme d’un film d’épouvante documentaire, austère et hypnotique. Sans paroles ni musique, porté par le vent, la route et les ultrasons, le film interroge nos peurs contemporaines et les présences qui s’immiscent dans notre intimité — politiques, médiatiques ou économiques — sans jamais se dévoiler.
À travers l’écran de son ordinateur, Juliette Poitras revisite la séparation d’une famille recomposée et le deuil silencieux qui en découle. Photos, appels vidéo, messages, cartes et archives numériques composent un collage délicat et poignant. Bien plus qu’un exercice de desktop documentary, Hyperlien est une œuvre d’une grande vulnérabilité, qui explore les impacts émotionnels et concrets d’une double rupture vécue dans l’enfance. Un film intime et universel sur la perte, la mémoire et la reconnexion.
Dans un squat nantais, Mat et ses ami·e·s organisent un atelier d’auto-gynécologie. À travers ce geste collectif, Pauline Pénichout signe un portrait intime, décomplexé et profondément humain d’une jeune femme et de ses questionnements sur l’amour, le sexe et le rapport à soi. Mat et les gravitantes déploie un espace de douceur, de soin et de sororité, célébrant l’entraide, la transmission et la réappropriation du corps féminin hors du male gaze.