Un autre tempo

26/01/2026 Editos

Un autre tempo

Cette semaine, la programmation de Tënk vous invite à ralentir...

Dans un monde traversé par des instabilités géopolitiques, climatiques, sociales et existentielles de plus en plus vives, ralentir devient un geste presque radical. Car pour penser, pour résister, pour mieux lutter, il faut aussi parfois commencer par se déposer et retrouver dans le calme et l’apaisement, le ressourcement nécessaire.

Nous vous proposons ainsi de suspendre, l'espace de quelques instants, le flux continu de l’actualité pour renouer avec un autre rapport au temps — plus attentif, plus sensoriel, plus intérieur — via des films qui nous invitent à écouter notre le monde dans la roche, dans le paysage, dans la musique, dans les gestes quotidiens et les rituels.

Bon visionnement, à contre-rythme!

 



Ghost Strata ouvre ce parcours comme une douce méditation. Filmé au fil des mois et des déplacements du cinéaste Ben Rivers à travers le monde, il observe les strates visibles et invisibles de la Terre. Ce qui a disparu, ce qui persiste, ce qui s’éteint. Sons trouvés et textes accompagnent cette traversée sensible du temps, de la mémoire et des traces laissées par la présence humaine. Une oeuvre marquante d'un réalisateur passé maître dans la construction de récits obliques et sensoriels, souvent centrés sur des figures en marge de la société et des territoires isolés, où se déploient des formes de vies alternatives. 

Avec Manakamana, le regard se pose dans un espace clos : une cabine de téléphérique suspendue au-dessus de la jungle népalaise. En route vers un temple ancien, les passager·ère·s se succèdent. Le film devient un lieu d’écoute et de contemplation, où se croisent spiritualité, quotidien, modernité et tradition — sans commentaire, dans le simple partage d’un trajet. Une oeuvre produite avec le soutien du Sensory Ethnography Lab de l'université Harvard, mythique centre de recherche interdisciplinaire au croisement des arts visuels et de l'ethnographie.

­Dans Mountain Flesh, un village alpin semble vivre au rythme immuable de la montagne. Mais sous cette tranquillité apparente, quelque chose cède. La roche grince, le sol se dérobe, et des blocs se détachent des sommets, rappelant que le paysage est en mouvement. Entre approche scientifique et prières sous une église fissurée, les habitant·e·s tentent de maintenir un semblant de contrôle face à une nature qui se transforme inexorablement. Une dystopie écologique feutrée, où science et spiritualité deviennent des rituels parallèles — non pour vaincre la montagne, mais pour apprendre à composer avec l’impuissance et l’incertitude.

Enfin, Speakn’ Trane propose une autre forme d’élévation. Conversation visuelle autour du chef-d'oeuvre de John Coltrane, A Love Supreme, le film explore les trajectoires et inspirations ayant mené à sa création. Alliant esthétique classique et modernité numérique, ce court métrage du New-Yorkais Shahkeem E. Williams réussit à traduire toute la puissance et la richesse du jazz. Une célébration de la vie et de l’œuvre de Coltrane, à la fois intime, historique et profondément inspirante.

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