En posant un regard renouvelé sur les espaces qui le constituent et sur la vie qui l’habite, _Métro_ observe les gestes, la mécanique et les dessous de ce réseau souterrain monumental qui tisse la ville et l’irrigue au quotidien. Du vrombissement de l’aération aux vastes plafonds qui le surplombent, le film révèle un lieu d’une ampleur rare, à l’acoustique singulière et avec une présence humaine en mouvement constant. _Métro_ est une invitation à redécouvrir, dans ses plus surprenantes dimensions, cet univers intriguant et le souffle qui l’anime.
| Réalisateur | Nadine Gomez |
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Bien que la réalisatrice Nadine Gomez s’attache un peu aux personnes qui peuplent le métro de Montréal et qui l’utilisent, il faut avouer que c’est bien plus au lieu lui-même qu’elle s’intéresse dans ce court métrage de 17 minutes. Ici, les gens ne font que passer, même s’il arrive qu’ils restent statiques un moment dans le cadre, le temps d’une courte séquence. Le fait que, dans la première minute, la cinéaste montre ces traces étranges laissées sur les murs derrière les bancs installés le long des quais — silhouettes décolorées étrangement humaines qui apparaissent comme autant de fantômes des usager·ère·s — parle beaucoup sur la place de l’être humain dans sa vision du métro, lieu de passage ultime dans la ville. Toutes ces personnes constituent des éléments éphémères du métro, absorbées dans leurs pensées, rarement en interaction avec l’autre, complètement ignorantes et désintéressées même de ce lieu pourtant extraordinaire qu’elles parcourent quotidiennement.
C’est que, comme bien des métros dans le monde, celui de Montréal est résolument iconique, avec ses œuvres d’art publiques disséminées à travers son réseau et, surtout, le style complètement différent de chacune de ses stations. Seuls son appareillage — bornes de tickets, escaliers roulants, wagons bleus bien rectangulaires — et sa signalisation — noms des stations en lettres blanches sur bande noire courant le long des murs, emblématique flèche blanche sur pastille bleue indiquant la direction — unissent l’ensemble des quatre lignes en un tout cohérent et immédiatement reconnaissable. On pourrait croire que le choix du noir et blanc, pour ce court métrage consacré à un lieu aussi nettement bigarré, serait une erreur de la réalisatrice. Or, on comprend en fait que l’élimination des multiples couches de couleurs très vives de son décor révèle plutôt la pureté et l’agencement des formes, des traits et des contours qu’arbore chaque station. Des cercles en céramique du métro Peel aux immenses rectangles des dalles de béton du profond métro Lucien-L’Allier, en passant par la verrière de la Place-des-Arts et les luminaires tous plus originaux les uns que les autres, le métro de Montréal est une véritable galerie d’art souterraine, uniquement par la simple inventivité et la magnificence de son architecture. On s’y donne rendez-vous pour le redécouvrir ?
Claire Valade
Critique et programmatrice

Bien que la réalisatrice Nadine Gomez s’attache un peu aux personnes qui peuplent le métro de Montréal et qui l’utilisent, il faut avouer que c’est bien plus au lieu lui-même qu’elle s’intéresse dans ce court métrage de 17 minutes. Ici, les gens ne font que passer, même s’il arrive qu’ils restent statiques un moment dans le cadre, le temps d’une courte séquence. Le fait que, dans la première minute, la cinéaste montre ces traces étranges laissées sur les murs derrière les bancs installés le long des quais — silhouettes décolorées étrangement humaines qui apparaissent comme autant de fantômes des usager·ère·s — parle beaucoup sur la place de l’être humain dans sa vision du métro, lieu de passage ultime dans la ville. Toutes ces personnes constituent des éléments éphémères du métro, absorbées dans leurs pensées, rarement en interaction avec l’autre, complètement ignorantes et désintéressées même de ce lieu pourtant extraordinaire qu’elles parcourent quotidiennement.
C’est que, comme bien des métros dans le monde, celui de Montréal est résolument iconique, avec ses œuvres d’art publiques disséminées à travers son réseau et, surtout, le style complètement différent de chacune de ses stations. Seuls son appareillage — bornes de tickets, escaliers roulants, wagons bleus bien rectangulaires — et sa signalisation — noms des stations en lettres blanches sur bande noire courant le long des murs, emblématique flèche blanche sur pastille bleue indiquant la direction — unissent l’ensemble des quatre lignes en un tout cohérent et immédiatement reconnaissable. On pourrait croire que le choix du noir et blanc, pour ce court métrage consacré à un lieu aussi nettement bigarré, serait une erreur de la réalisatrice. Or, on comprend en fait que l’élimination des multiples couches de couleurs très vives de son décor révèle plutôt la pureté et l’agencement des formes, des traits et des contours qu’arbore chaque station. Des cercles en céramique du métro Peel aux immenses rectangles des dalles de béton du profond métro Lucien-L’Allier, en passant par la verrière de la Place-des-Arts et les luminaires tous plus originaux les uns que les autres, le métro de Montréal est une véritable galerie d’art souterraine, uniquement par la simple inventivité et la magnificence de son architecture. On s’y donne rendez-vous pour le redécouvrir ?
Claire Valade
Critique et programmatrice
Métro