Avant d’amorcer l’illustre carrière qui en fera l’une des documentaristes les plus en vue du Canada, Alanis Obomsawin était une musicienne et une chanteuse réputée qui jouait également un rôle de premier plan au sein du mouvement pour la défense des droits des Autochtones en Amérique du Nord. Durant cette période sans précédent, elle s'est liée d’amitié avec le musicien et militant David Amram, à qui beaucoup attribuent la renaissance de la musique américaine. Talent légendaire et multi-instrumentiste, il incarne la passion qu’éprouvent les musicien·ne·s pour leur art. Dans cette remarquable conversation enregistrée en 2008 au Upstairs, une célèbre boîte de jazz de Montréal, Alanis et David réfléchissent à leur histoire commune et à une époque où la musique constituait un puissant outil de transformation sociale.
| Réalisateurs | Alanis Obomsawin, Alanis Obomsawin |
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Aujourd’hui âgé de 95 ans, David Amram a porté de nombreux chapeaux (et beaucoup de colliers!) au cours de sa longue existence : multi-instrumentiste de haut niveau, compositeur de trames sonores pour le cinéma (notamment pour Elia Kazan et John Frankenheimer), acteur dans le mythique Pull My Daisy (Robert Frank et Alfred Leslie, 1959), court métrage brossant un portrait énergique de la Beat Generation. Francophile à la curiosité insatiable et défenseur des cultures minoritaires, l’Américain conversait souvent dans la langue de Molière avec Jack Kerouac, qu’il a connu en 1956, un an avant la publication de On the Road. En 1957, les deux amis auraient organisé les premières lectures de poésie sur fond de musique jazz de l’histoire de la ville de New York.
On comprend alors facilement l’enthousiasme qui se manifeste, une cinquantaine d’années plus tard, sur les visages de Normand Guilbeault et Pierre Tanguay, les deux musiciens accompagnant Amram pour cette prestation filmée par Martin Duckworth à l’Upstairs. Durant leur conversation, Amram et Obomsawin rappellent un fait souvent oublié de l’histoire : la participation autochtone à Woodstock en 1969. C’est aussi l’occasion d’évoquer, par l’entremise de superbes images d’archives du festival de Mariposa, le passé de musicienne de la grande documentariste.
Dans les années 1970, aux côtés notamment de Mohamed Ali et Marlon Brando, Amram est l’un des premiers à défendre publiquement les droits des Autochtones aux États-Unis. Devant la caméra d’Obomsawin, il souligne le fait qu’il faut d’abord connaître et aimer son propre héritage (ce que les Premières Nations ont légué aux Nord-Américain·e·s) avant d’être capable d’apprécier d’autres cultures. Ces propos font écho à l’universalisme, à l’anti-élitisme et à l’ouverture sur le monde qui ont toujours été au cœur de la pensée et de la démarche du musicien.
Jean-Philippe Desrochers
Critique

Aujourd’hui âgé de 95 ans, David Amram a porté de nombreux chapeaux (et beaucoup de colliers!) au cours de sa longue existence : multi-instrumentiste de haut niveau, compositeur de trames sonores pour le cinéma (notamment pour Elia Kazan et John Frankenheimer), acteur dans le mythique Pull My Daisy (Robert Frank et Alfred Leslie, 1959), court métrage brossant un portrait énergique de la Beat Generation. Francophile à la curiosité insatiable et défenseur des cultures minoritaires, l’Américain conversait souvent dans la langue de Molière avec Jack Kerouac, qu’il a connu en 1956, un an avant la publication de On the Road. En 1957, les deux amis auraient organisé les premières lectures de poésie sur fond de musique jazz de l’histoire de la ville de New York.
On comprend alors facilement l’enthousiasme qui se manifeste, une cinquantaine d’années plus tard, sur les visages de Normand Guilbeault et Pierre Tanguay, les deux musiciens accompagnant Amram pour cette prestation filmée par Martin Duckworth à l’Upstairs. Durant leur conversation, Amram et Obomsawin rappellent un fait souvent oublié de l’histoire : la participation autochtone à Woodstock en 1969. C’est aussi l’occasion d’évoquer, par l’entremise de superbes images d’archives du festival de Mariposa, le passé de musicienne de la grande documentariste.
Dans les années 1970, aux côtés notamment de Mohamed Ali et Marlon Brando, Amram est l’un des premiers à défendre publiquement les droits des Autochtones aux États-Unis. Devant la caméra d’Obomsawin, il souligne le fait qu’il faut d’abord connaître et aimer son propre héritage (ce que les Premières Nations ont légué aux Nord-Américain·e·s) avant d’être capable d’apprécier d’autres cultures. Ces propos font écho à l’universalisme, à l’anti-élitisme et à l’ouverture sur le monde qui ont toujours été au cœur de la pensée et de la démarche du musicien.
Jean-Philippe Desrochers
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