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La forme des choses


Image de couverture La forme des choses

Film spectaculaire tourné à l'occasion du premier symposium de sculpture en Amérique du Nord tenu à Montréal à l'été 1964, _La forme des choses_ suit le travail de onze sculpteurs venus de neuf pays, alors qu’ils martèlent, taillent et sculptent la pierre.



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Réalisateur

Jacques Giraldeau

Acteur

Frédéric Savard

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Le son du martèlement de la matière résonne dans la ville alors que s’y tient le tout premier symposium international de sculpture en Amérique du Nord. Nous sommes à l’été 1964, et plus d’une dizaine d’artistes en provenance d’un peu partout sur la planète se réunissent sur le mont Royal afin de prendre part à cet événement unique en son genre, qui sera documenté par l’ONF dans un court métrage impressionniste signé Jacques Giraldeau, future figure de proue du film sur l’art au Québec.

Dépourvu de têtes parlantes, d’entretiens ou de détails biographiques, le documentaire d’à peine dix minutes met l’emphase sur l’acte de sculpter, et sur les œuvres qui émanent du symposium, plutôt que de s’étendre sur les détails entourant l’avènement de cette rencontre internationale. En filmant de façon inventive les sculpteurs au travail et les structures inusitées qui en résultent, Giraldeau signe une œuvre avant-gardiste, qui s’apparente davantage à une sculpture cinématographique qu’à un documentaire traditionnel.

Cette approche nous donne un accès privilégié au processus des artistes, qui aurait été impossible d’atteindre sans l’apport complice de la caméra, maniée brillamment par le photographe George Dufaux. Le réalisateur déclare d’ailleurs ceci dans un entretien accordé à René Rozon pour la revue Vie des Arts en 1978 : « Voulant rendre compte de ce qui se passait, je suis donc resté à la surface, à l'extérieur du sujet, en retenant quatre aspects du symposium: un lieu, les espaces verts du mont Royal où travaillaient les sculpteurs; des textures, notamment la pierre, le marbre, les métaux; des visages, ceux des artistes à l'œuvre, en faisant ressortir leur tempérament et leurs rapports entre eux; et l'univers des formes qu'ils ont créé. ¹ »

Finalement, le film se démarque également par sa trame sonore expérimentale, conçue par le grand compositeur montréalais Pierre Mercure.  Constituée majoritairement de sons captés sur bande magnétique pendant le tournage, et ensuite manipulés pour les inclure à l’instrumentation, cette pièce moderne contribue ainsi au sentiment d’immersion recherché par Giraldeau. Il s’agit d’ailleurs de l’un des premiers exemples de musique concrète réalisée au Québec, à peine quelques années après que Mercure participe à un stage d’études en France auprès de Pierre Schaffer. La forme des choses remportera le prix du meilleur documentaire au Festival de films culturels de La felguera en Espagne à sa sortie.

 

Frédéric Savard
Archiviste et programmateur

 

1. Rozon, R. (1978). Jacques Giraldeau, ou le cheminement de la culture populaire. Vie des arts, 23(93), 63–67.


  • Français

    Français

    10 mn

    Langue : Français
  • English

    English

    10 mn

    Langue : English
  • Année 1965
  • Pays Québec
  • Durée 10
  • Producteur ONF / NFB
  • Langue Français, Anglais
  • Résumé court Au premier symposium de sculpture en Amérique du Nord tenu à Montréal en 1964, onze artistes façonnent la pierre dans un ballet spectaculaire de création.
  • Ordre 4
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-05-15

Le son du martèlement de la matière résonne dans la ville alors que s’y tient le tout premier symposium international de sculpture en Amérique du Nord. Nous sommes à l’été 1964, et plus d’une dizaine d’artistes en provenance d’un peu partout sur la planète se réunissent sur le mont Royal afin de prendre part à cet événement unique en son genre, qui sera documenté par l’ONF dans un court métrage impressionniste signé Jacques Giraldeau, future figure de proue du film sur l’art au Québec.

Dépourvu de têtes parlantes, d’entretiens ou de détails biographiques, le documentaire d’à peine dix minutes met l’emphase sur l’acte de sculpter, et sur les œuvres qui émanent du symposium, plutôt que de s’étendre sur les détails entourant l’avènement de cette rencontre internationale. En filmant de façon inventive les sculpteurs au travail et les structures inusitées qui en résultent, Giraldeau signe une œuvre avant-gardiste, qui s’apparente davantage à une sculpture cinématographique qu’à un documentaire traditionnel.

Cette approche nous donne un accès privilégié au processus des artistes, qui aurait été impossible d’atteindre sans l’apport complice de la caméra, maniée brillamment par le photographe George Dufaux. Le réalisateur déclare d’ailleurs ceci dans un entretien accordé à René Rozon pour la revue Vie des Arts en 1978 : « Voulant rendre compte de ce qui se passait, je suis donc resté à la surface, à l'extérieur du sujet, en retenant quatre aspects du symposium: un lieu, les espaces verts du mont Royal où travaillaient les sculpteurs; des textures, notamment la pierre, le marbre, les métaux; des visages, ceux des artistes à l'œuvre, en faisant ressortir leur tempérament et leurs rapports entre eux; et l'univers des formes qu'ils ont créé. ¹ »

Finalement, le film se démarque également par sa trame sonore expérimentale, conçue par le grand compositeur montréalais Pierre Mercure.  Constituée majoritairement de sons captés sur bande magnétique pendant le tournage, et ensuite manipulés pour les inclure à l’instrumentation, cette pièce moderne contribue ainsi au sentiment d’immersion recherché par Giraldeau. Il s’agit d’ailleurs de l’un des premiers exemples de musique concrète réalisée au Québec, à peine quelques années après que Mercure participe à un stage d’études en France auprès de Pierre Schaffer. La forme des choses remportera le prix du meilleur documentaire au Festival de films culturels de La felguera en Espagne à sa sortie.

 

Frédéric Savard
Archiviste et programmateur

 

1. Rozon, R. (1978). Jacques Giraldeau, ou le cheminement de la culture populaire. Vie des arts, 23(93), 63–67.


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    Durée : 10 minutes
    Langue : Français
    10 mn
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    Durée : 10 minutes
    Langue : English
    10 mn
  • Année 1965
  • Pays Québec
  • Durée 10
  • Producteur ONF / NFB
  • Langue Français, Anglais
  • Résumé court Au premier symposium de sculpture en Amérique du Nord tenu à Montréal en 1964, onze artistes façonnent la pierre dans un ballet spectaculaire de création.
  • Ordre 4
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-05-15

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