Au début des années 1990, Lloyd Wong a commencé à réaliser une œuvre basée sur son expérience de vie avec le sida à Toronto, mais il est décédé de maladies liées à cette condition avant de pouvoir l’achever. Pendant trois décennies, ce travail en cours a été considéré comme « perdu », jusqu’à ce qu’il refasse surface à The ArQuives. Dans ce documentaire expérimental, Lesley Loksi Chan combine les images tournées par Lloyd Wong avec des fragments de ses propres notes de recherche afin de réfléchir à ce que signifie hériter d’images issues des communautés queers et tenter de comprendre une personne à travers de multiples prises. Dans sa forme épurée et volontairement fragmentaire, ce film explore la signification de l’inachèvement.
| Réalisateurs | Lesley Loksi Chan, Lloyd Wong |
| Acteur | Naomie Décarie-Daigneault |
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Des bandes vidéo sont confiées à un cinéaste – Richard Fung. Ce dernier les lègue à The ArQuives, les plus importantes archives indépendantes sur les personnes 2SLGBTQIA+ au monde. Sur ces bandes, on voit Lloyd Wong, un artiste, écrivain et militant torontois décédé des suites du sida. Il se filme notamment en train de préparer une perfusion intraveineuse de médicaments antiviraux, ajoutant en fond une émission culinaire. Petit cours d’autodéfense pour personnes séropositives; leçon d’autodétermination et d’autonomie en matière de soins.
De bandes perdues, elles sont retrouvées et numérisées par un historien… avant de se retrouver dans les mains d’une artiste, Lesley Loksi Chan, qui se voit appelée à ramener au monde le témoignage de Wong. Chan ne le connaissait pas; il s’agit d’un étrange jeu de hasard et de mises en relation qui ont fini par lui assigner cette mission.
Comment réfléchir à partir d’un tel témoignage? Comment rendre honneur à cette parole brute, clairvoyante, qui dévoile les situations invisibles des personnes atteintes du sida? Chan opte pour la sobriété et réfléchit à l’inachèvement. Car la tâche est perpétuelle; il s’agit là d’un processus en cours, une tentative de redonner corps aux fantômes de la lutte, corps aux acteurs de l’époque, qui ont tant œuvré dans le combat pour les soins et pour la recherche. Le film porte autant sur le combat de Wong que sur les processus perpétuels de la mémoire ; un dialogue constant, une réactualisation infinie des traces du passé dans les luttes présentes.
Alors que les combats liés au sida ont été relégués – comme tant d’autres aspects de nos vies – aux sphères individuelles depuis l’avènement des traitements, la stigmatisation, l’invisibilisation et les importants traumas générés par cette épidémie n’ont pas disparu pour autant. La résurgence d’œuvres mémorielles, la parution d’ouvrages collectifs et la collecte de témoignages de gens atteints de la maladie permettent aujourd’hui de réaffirmer le caractère social et public de la santé, et l’apport du militantisme associatif dans l’évolution des traitements. Car le combat est encore et toujours inachevé.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

Des bandes vidéo sont confiées à un cinéaste – Richard Fung. Ce dernier les lègue à The ArQuives, les plus importantes archives indépendantes sur les personnes 2SLGBTQIA+ au monde. Sur ces bandes, on voit Lloyd Wong, un artiste, écrivain et militant torontois décédé des suites du sida. Il se filme notamment en train de préparer une perfusion intraveineuse de médicaments antiviraux, ajoutant en fond une émission culinaire. Petit cours d’autodéfense pour personnes séropositives; leçon d’autodétermination et d’autonomie en matière de soins.
De bandes perdues, elles sont retrouvées et numérisées par un historien… avant de se retrouver dans les mains d’une artiste, Lesley Loksi Chan, qui se voit appelée à ramener au monde le témoignage de Wong. Chan ne le connaissait pas; il s’agit d’un étrange jeu de hasard et de mises en relation qui ont fini par lui assigner cette mission.
Comment réfléchir à partir d’un tel témoignage? Comment rendre honneur à cette parole brute, clairvoyante, qui dévoile les situations invisibles des personnes atteintes du sida? Chan opte pour la sobriété et réfléchit à l’inachèvement. Car la tâche est perpétuelle; il s’agit là d’un processus en cours, une tentative de redonner corps aux fantômes de la lutte, corps aux acteurs de l’époque, qui ont tant œuvré dans le combat pour les soins et pour la recherche. Le film porte autant sur le combat de Wong que sur les processus perpétuels de la mémoire ; un dialogue constant, une réactualisation infinie des traces du passé dans les luttes présentes.
Alors que les combats liés au sida ont été relégués – comme tant d’autres aspects de nos vies – aux sphères individuelles depuis l’avènement des traitements, la stigmatisation, l’invisibilisation et les importants traumas générés par cette épidémie n’ont pas disparu pour autant. La résurgence d’œuvres mémorielles, la parution d’ouvrages collectifs et la collecte de témoignages de gens atteints de la maladie permettent aujourd’hui de réaffirmer le caractère social et public de la santé, et l’apport du militantisme associatif dans l’évolution des traitements. Car le combat est encore et toujours inachevé.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk
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