Portrait du duo d’artistes québécois Cozic, formé de Monic Brassard et Yvon Cozic. Uni dans la vie comme dans la création, le couple travaille avec des matériaux industriels aux couleurs éclatantes pour créer des oeuvres écologiques et ludiques. De l'insouciance débridée des années soixante jusqu’aux grandes commandes d’art public, leurs oeuvres offrent un miroir de l’évolution de nos rapports à la nature et l’univers industriel. Aujourd’hui, depuis leur étonnant domaine de Sainte-Anne-de-la-Rochelle dans les Cantons-de-l’Est, le duo prépare sa grande rétrospective au Musée national des beaux-arts du Québec. Une plongée dans l’univers fantastique de ces artistes inclassables.
| Réalisateurs | Etienne Desrosiers, Céline B. La Terreur |
| Partager sur |
Tourné presque exclusivement à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, mais enrichi d’une tonne d’archives, ce documentaire-essai n’est pas qu’un voyage dans les cinq décennies de la pratique artistique de Cozic. Il est aussi un plaidoyer pour une vie hors des diktats. Vibrants de folie créatrice, d’humour doux, de paroles sensées (« l’état d’être l’artiste, c’est l’état d’être différent, de ne pas exprimer des lieux communs »), les soixante minutes respirent une grande liberté. Les ruptures de tons, les transitions anachroniques, l’absence de références n’empêchent pas de suivre un fil rouge : Monic et Yvon ont formé un couple dans la vie et dans la création, en véritables âmes sœurs et complémentaires, animées par l’amour pour la nature et par une soif insatiable pour la transformation des matériaux.
Le récit comporte tout de même son nœud : Cozic prépare sa grande exposition muséale. C’est la raison qui le pousse à se raconter. Entre le décrochage de l’énigmatique Code couronne, œuvre phare des dernières années, et la recherche d’autres pièces parmi un tas de boîtes, le duo partage ses souvenirs, pimentés de taquineries et de regards tendres. Voilà un homme et une femme qui s’aiment et dont le quotidien est fait autant d’art que de choses « prosaïques » – comme « vérifier les frites », lance Yvon.
Réalisé tout juste avant le décès de la moitié masculine de Cozic, le film a désormais acquis le statut d’hommage posthume. La scène du camion qui s’en va avec les œuvres encaissées prend des airs de parenthèse qui se ferme – une séquence similaire apparaît dans Gabor (2021) de Joannie Lafrenière –, d’autant plus que l’épilogue ne fait entendre que la voix de Monic : « Être un artiste a été une façon de vivre, d’être le plus près l’un de l’autre, de faire le plus de choses possibles ensemble. »
Jérôme Delgado
Journaliste culturel, critique d'art et de cinéma

Tourné presque exclusivement à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, mais enrichi d’une tonne d’archives, ce documentaire-essai n’est pas qu’un voyage dans les cinq décennies de la pratique artistique de Cozic. Il est aussi un plaidoyer pour une vie hors des diktats. Vibrants de folie créatrice, d’humour doux, de paroles sensées (« l’état d’être l’artiste, c’est l’état d’être différent, de ne pas exprimer des lieux communs »), les soixante minutes respirent une grande liberté. Les ruptures de tons, les transitions anachroniques, l’absence de références n’empêchent pas de suivre un fil rouge : Monic et Yvon ont formé un couple dans la vie et dans la création, en véritables âmes sœurs et complémentaires, animées par l’amour pour la nature et par une soif insatiable pour la transformation des matériaux.
Le récit comporte tout de même son nœud : Cozic prépare sa grande exposition muséale. C’est la raison qui le pousse à se raconter. Entre le décrochage de l’énigmatique Code couronne, œuvre phare des dernières années, et la recherche d’autres pièces parmi un tas de boîtes, le duo partage ses souvenirs, pimentés de taquineries et de regards tendres. Voilà un homme et une femme qui s’aiment et dont le quotidien est fait autant d’art que de choses « prosaïques » – comme « vérifier les frites », lance Yvon.
Réalisé tout juste avant le décès de la moitié masculine de Cozic, le film a désormais acquis le statut d’hommage posthume. La scène du camion qui s’en va avec les œuvres encaissées prend des airs de parenthèse qui se ferme – une séquence similaire apparaît dans Gabor (2021) de Joannie Lafrenière –, d’autant plus que l’épilogue ne fait entendre que la voix de Monic : « Être un artiste a été une façon de vivre, d’être le plus près l’un de l’autre, de faire le plus de choses possibles ensemble. »
Jérôme Delgado
Journaliste culturel, critique d'art et de cinéma
Français
English