Un autoportrait psychédélique industriel, réalisé à partir d'images originales tournées dans des usines désaffectées du sud de Chicago, puis largement retravaillées par des techniques de tirage optique.
| Réalisateur | François Miron |
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À l'instar de Paul Sharits, François Miron conçoit le film comme la mise à nu du drame de la pellicule. Il s'agira de calculer la rupture du matériau filmique sans activer de péripétie psychologisante. Car le Graal de la perception génère l'expérience sensorielle sans affect. Son cinéma se déploie sous le signe du choc de l'acception des images avec le processus cinématographique sui generi. Dans une ruine industrielle inquiétante, What Ignites Me, Extinguishes Me libère en rafale les mêmes travellings se télescopant et chaque fois plus altérés. Maître de la tireuse optique, le cinéaste-alchimiste décompose le plan originel pour conserver certains traits qu’il surimpose à l’original en ajoutant divers filtres et caches mystérieux. Cette trame en leitmotiv progresse en un charmant crescendo d'hypnose au sein d’un récit à la dérive. Lentement, les motifs discernables transmutent en une tapisserie d'angoisses. Dans l’arène convulsive du photogramme, une lutte à mort se joue entre la fonction figurative et l'abstraction. Le sortilège devient frénésie violente. À l'auberge du psychédélisme de la côte ouest américaine, What Ignites Me, Extinguishes Me saborde avec méthode le réel qu'il décharne pour en révéler les alluvions spectrales. Ce fonds de commerce du cinéaste rebelle est un canon du genre jouissif.
Etienne Desrosiers
Cinéaste, commissaire et producteur

À l'instar de Paul Sharits, François Miron conçoit le film comme la mise à nu du drame de la pellicule. Il s'agira de calculer la rupture du matériau filmique sans activer de péripétie psychologisante. Car le Graal de la perception génère l'expérience sensorielle sans affect. Son cinéma se déploie sous le signe du choc de l'acception des images avec le processus cinématographique sui generi. Dans une ruine industrielle inquiétante, What Ignites Me, Extinguishes Me libère en rafale les mêmes travellings se télescopant et chaque fois plus altérés. Maître de la tireuse optique, le cinéaste-alchimiste décompose le plan originel pour conserver certains traits qu’il surimpose à l’original en ajoutant divers filtres et caches mystérieux. Cette trame en leitmotiv progresse en un charmant crescendo d'hypnose au sein d’un récit à la dérive. Lentement, les motifs discernables transmutent en une tapisserie d'angoisses. Dans l’arène convulsive du photogramme, une lutte à mort se joue entre la fonction figurative et l'abstraction. Le sortilège devient frénésie violente. À l'auberge du psychédélisme de la côte ouest américaine, What Ignites Me, Extinguishes Me saborde avec méthode le réel qu'il décharne pour en révéler les alluvions spectrales. Ce fonds de commerce du cinéaste rebelle est un canon du genre jouissif.
Etienne Desrosiers
Cinéaste, commissaire et producteur
Français