Combinant pellicule développée à la main, journaux vidéo, sons trouvés, textes et narration, _What These Ashes Wanted_ se déploie comme un rituel de deuil à la fois collectif et intime. Nos propres histoires de perte viennent combler les interstices entre les images de Hoffman, qui donnent à voir des tombeaux égyptiens, des jeux hivernaux et des insectes en pleine activité.
| Réalisateur | Philip Hoffman |
| Acteur | Sofia Bohdanowicz |
| Partager sur |
_What These Ashes Wanted_ de Philip Hoffman est l’un des films qui ont le plus profondément influencé ma façon de penser et de faire du cinéma. À travers des fragments de pellicule, des enregistrements sonores, des souvenirs et des images du quotidien, Hoffman cherche moins à raconter la mort de sa compagne, Marian McMahon, qu’à trouver une forme cinématographique pour donner corps à son absence. Ce qui me touche le plus dans ce film, c’est la manière dont l’acte même de faire un film devient un processus de deuil. Filmer, monter, revisiter des images : autant de façons de poursuivre une relation avec une personne qui n’est plus là.
Je suis souvent revenue aux réflexions de Hoffman sur le kintsugi, cette pratique japonaise qui consiste à réparer des céramiques brisées avec de l’or, faisant des fissures une composante de la beauté de l’objet plutôt qu’un défaut à dissimuler. Sa compréhension de cette pratique a profondément façonné ma façon d’aborder le cinéma, mais elle m’a aussi aidée à faire la paix avec les histoires que nous portons en nous. Les fissures, les imperfections et les défauts visibles que nous avons si souvent peur de révéler au monde ne sont pas nécessairement des choses qu’il faut cacher ou réparer au point de les rendre méconnaissables. Elles font partie de notre histoire, de ce que nous sommes. J’en suis venue à croire qu’il en va de même pour le cinéma. Un film n’a pas besoin de masquer ses imperfections, ses incertitudes, ni même les traces de sa propre fabrication. Parfois, ce sont précisément ces éléments qui lui donnent vie.
Phil a également été sur le jury de mon mémoire à l’Université York, et j’ai eu l’immense chance de bénéficier de ses conseils pendant que je développais Point and Line to Plane. Sa générosité et sa sensibilité, tant comme artiste que comme mentor, m’ont aidée à comprendre comment le cinéma peut rendre sensible une présence absente. Le film de Hoffman nous rappelle que les images ne peuvent ramener les morts à la vie, mais qu’elles peuvent nous permettre de poursuivre nos conversations avec eux, sous une autre forme.
Sofia Bohdanowicz
Cinéaste

_What These Ashes Wanted_ de Philip Hoffman est l’un des films qui ont le plus profondément influencé ma façon de penser et de faire du cinéma. À travers des fragments de pellicule, des enregistrements sonores, des souvenirs et des images du quotidien, Hoffman cherche moins à raconter la mort de sa compagne, Marian McMahon, qu’à trouver une forme cinématographique pour donner corps à son absence. Ce qui me touche le plus dans ce film, c’est la manière dont l’acte même de faire un film devient un processus de deuil. Filmer, monter, revisiter des images : autant de façons de poursuivre une relation avec une personne qui n’est plus là.
Je suis souvent revenue aux réflexions de Hoffman sur le kintsugi, cette pratique japonaise qui consiste à réparer des céramiques brisées avec de l’or, faisant des fissures une composante de la beauté de l’objet plutôt qu’un défaut à dissimuler. Sa compréhension de cette pratique a profondément façonné ma façon d’aborder le cinéma, mais elle m’a aussi aidée à faire la paix avec les histoires que nous portons en nous. Les fissures, les imperfections et les défauts visibles que nous avons si souvent peur de révéler au monde ne sont pas nécessairement des choses qu’il faut cacher ou réparer au point de les rendre méconnaissables. Elles font partie de notre histoire, de ce que nous sommes. J’en suis venue à croire qu’il en va de même pour le cinéma. Un film n’a pas besoin de masquer ses imperfections, ses incertitudes, ni même les traces de sa propre fabrication. Parfois, ce sont précisément ces éléments qui lui donnent vie.
Phil a également été sur le jury de mon mémoire à l’Université York, et j’ai eu l’immense chance de bénéficier de ses conseils pendant que je développais Point and Line to Plane. Sa générosité et sa sensibilité, tant comme artiste que comme mentor, m’ont aidée à comprendre comment le cinéma peut rendre sensible une présence absente. Le film de Hoffman nous rappelle que les images ne peuvent ramener les morts à la vie, mais qu’elles peuvent nous permettre de poursuivre nos conversations avec eux, sous une autre forme.
Sofia Bohdanowicz
Cinéaste
English