Dévastée par la mort d’un ami, une jeune femme (Deragh Campbell) tente de donner un sens à cette perte immense en cherchant des signes dans son quotidien et dans les œuvres de Wassily Kandinsky et Hilma af Klint. Au fil de voyages intérieurs et extérieurs, elle cherche des traces de son ami, tandis que les liens se multiplient de façon troublante. Des formes et des couleurs, à travers le temps et l’espace, semblent entrer en résonance, et les coïncidences lui offrent de précieux moments de réconfort.
| Réalisateurs | Sofia Bohdanowicz, Sofia Bohdanowicz |
| Acteurs | Naomie Décarie-Daigneault, Naomie Décarie-Daigneault |
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Dans son livre L'année de la pensée magique, l’autrice Joan Didion traduit en mots l’expérience intolérable du deuil, alors que son mari meurt subitement, devant elle, d’une crise cardiaque. Tout en prenant soin de sa fille, hospitalisée des suites d’une grave pneumonie, Didion tente d’intégrer cette nouvelle et inconcevable réalité; son compagnon des 40 dernières années ne reviendra pas. S’ensuit une année entre ciel et terre, où se mettent en place pour l’autrice une série de rituels, de croyances et d’actes manqués pour conjurer l’angoisse de la mort.
Point and Line to Plane de Sofia Bohdanowicz est, de la même façon, une œuvre d’exorcisme. Devant la mort subite et injustifiable de son ami Giacomo, la cinéaste déroule tout un arsenal de pensées, de liens et de signes pour dépasser le stade de prostration dans lequel le deuil la plonge. Par le biais de leur amour commun pour Kandinsky se met en place un jeu d’équivalences, de résonances, de similitudes, comme si la synesthésie de l’artiste se déployait au-delà des tableaux, reliant le monde des mort·e·s au monde des vivant·e·s par le biais de signes et de symboles cachés. Bohdanowicz n’est pas forte avec les mots, nous confie-t-elle. Même si on réfute, on perçoit dans cette œuvre toutes les sphères où s’exerce sa sensibilité; couleurs, formes, sonorités, lignes, mouvements, compositions. À cet effet, Point and Line to Plane est une œuvre autant picturale qu’audiovisuelle. En intégrant un deuxième deuil, celui de son voisin le peintre Jaan Poldaas, décédé quelques jours avant Giacomo, la cinéaste ajoute une autre couche picturale presque mystique, tout en accentuant le caractère inconcevable du deuil. Ainsi, à travers un processus de conjuration, Bohdanowicz fait intervenir tout l’arsenal sensible dont elle dispose et, tout en rendant un magnifique hommage à ses deux amis, elle approfondit encore son art et son langage si personnel.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

Dans son livre L'année de la pensée magique, l’autrice Joan Didion traduit en mots l’expérience intolérable du deuil, alors que son mari meurt subitement, devant elle, d’une crise cardiaque. Tout en prenant soin de sa fille, hospitalisée des suites d’une grave pneumonie, Didion tente d’intégrer cette nouvelle et inconcevable réalité; son compagnon des 40 dernières années ne reviendra pas. S’ensuit une année entre ciel et terre, où se mettent en place pour l’autrice une série de rituels, de croyances et d’actes manqués pour conjurer l’angoisse de la mort.
Point and Line to Plane de Sofia Bohdanowicz est, de la même façon, une œuvre d’exorcisme. Devant la mort subite et injustifiable de son ami Giacomo, la cinéaste déroule tout un arsenal de pensées, de liens et de signes pour dépasser le stade de prostration dans lequel le deuil la plonge. Par le biais de leur amour commun pour Kandinsky se met en place un jeu d’équivalences, de résonances, de similitudes, comme si la synesthésie de l’artiste se déployait au-delà des tableaux, reliant le monde des mort·e·s au monde des vivant·e·s par le biais de signes et de symboles cachés. Bohdanowicz n’est pas forte avec les mots, nous confie-t-elle. Même si on réfute, on perçoit dans cette œuvre toutes les sphères où s’exerce sa sensibilité; couleurs, formes, sonorités, lignes, mouvements, compositions. À cet effet, Point and Line to Plane est une œuvre autant picturale qu’audiovisuelle. En intégrant un deuxième deuil, celui de son voisin le peintre Jaan Poldaas, décédé quelques jours avant Giacomo, la cinéaste ajoute une autre couche picturale presque mystique, tout en accentuant le caractère inconcevable du deuil. Ainsi, à travers un processus de conjuration, Bohdanowicz fait intervenir tout l’arsenal sensible dont elle dispose et, tout en rendant un magnifique hommage à ses deux amis, elle approfondit encore son art et son langage si personnel.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk