Regard sur le monde de l’adolescence, _La marche à suivre_ présente un ensemble de tableaux qui révèlent la réalité parfois dure des jeunes d’une école secondaire située en région rurale. Soulignant le contraste entre l’encadrement en milieu scolaire et la liberté qu’offrent les grands espaces, le film s’articule autour de rencontres opposant des élèves à différentes figures d’autorité qui tentent de les remettre sur le droit chemin. Au cours de ces rencontres filmées à huis clos, la diversité des histoires rapportées par les adolescent·e·s reflète des préoccupations qui minent leur quotidien.
| Réalisateurs | Jean-François Caissy, Jean-François Caissy |
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Quand je repense à mon secondaire, c’est un sentiment bien précis qui me revient. Un mélange d’ambitions grandioses et de claustrophobie. Un horizon ouvert sur tous les possibles, des désirs immenses, une puissance infinie. Et, dans le même élan, le sentiment d’être prise au piège dans un temps répétitif, une boucle absurde et soporifique, une apathie étouffante et la certitude que ma vie ne décollerait jamais. Les centaines de trajets d’autobus, les corridors aux couleurs éteintes, les odeurs déprimantes de lunch. Sisyphe et son devoir de math.
Avec ce mélange de tendresse, de détachement bienveillant et d’intérêt dénué d’a priori qui caractérise son œuvre, Caissy signe avec La marche à suivre une représentation de l’adolescence d’une grande justesse métaphorique. C’est peut-être ce qui impressionne le plus dans son œuvre. Sans fla-fla, sans mise en scène, sans construction savante, alors même qu’il semble rester au plus près du réel et d’une observation « neutre » des situations, Caissy signe des représentations. Ce n’est pas à l’individualité des personnages qu’il s’attache, mais à ce qu’iels disent de nous à ces âges de la vie. Les jeunes capté·e·s dans La marche à suivre sont à la fois crevant·e·s de prévisibilité et magnifiques de singularité. Ce sont des jeunes et leurs problèmes de jeunes. Jamais rien d’extraordinaire chez Caissy. Mais son cinéma est tout sauf ennuyant. Il flotte entre les époques, entre les gens, entre les concepts figés qu’on s’invente pour faire de l’ordre dans cette drôle de chose qu’est la vie. Un cinéma de l’ordinaire, allégorique et plein d’humour, qui cherche à capter ce qui fait s’allumer le regard. Le jeu des corps dans l’espace. Un visage qui s’éclaire sous une question. Un chemin forestier qui se remplit de fumée. Un saut dans la rivière. Le temps passe et l’horizon s’ouvre. Sisyphe aura d’autres devoirs.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

Quand je repense à mon secondaire, c’est un sentiment bien précis qui me revient. Un mélange d’ambitions grandioses et de claustrophobie. Un horizon ouvert sur tous les possibles, des désirs immenses, une puissance infinie. Et, dans le même élan, le sentiment d’être prise au piège dans un temps répétitif, une boucle absurde et soporifique, une apathie étouffante et la certitude que ma vie ne décollerait jamais. Les centaines de trajets d’autobus, les corridors aux couleurs éteintes, les odeurs déprimantes de lunch. Sisyphe et son devoir de math.
Avec ce mélange de tendresse, de détachement bienveillant et d’intérêt dénué d’a priori qui caractérise son œuvre, Caissy signe avec La marche à suivre une représentation de l’adolescence d’une grande justesse métaphorique. C’est peut-être ce qui impressionne le plus dans son œuvre. Sans fla-fla, sans mise en scène, sans construction savante, alors même qu’il semble rester au plus près du réel et d’une observation « neutre » des situations, Caissy signe des représentations. Ce n’est pas à l’individualité des personnages qu’il s’attache, mais à ce qu’iels disent de nous à ces âges de la vie. Les jeunes capté·e·s dans La marche à suivre sont à la fois crevant·e·s de prévisibilité et magnifiques de singularité. Ce sont des jeunes et leurs problèmes de jeunes. Jamais rien d’extraordinaire chez Caissy. Mais son cinéma est tout sauf ennuyant. Il flotte entre les époques, entre les gens, entre les concepts figés qu’on s’invente pour faire de l’ordre dans cette drôle de chose qu’est la vie. Un cinéma de l’ordinaire, allégorique et plein d’humour, qui cherche à capter ce qui fait s’allumer le regard. Le jeu des corps dans l’espace. Un visage qui s’éclaire sous une question. Un chemin forestier qui se remplit de fumée. Un saut dans la rivière. Le temps passe et l’horizon s’ouvre. Sisyphe aura d’autres devoirs.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk
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