_Jean Painlevé, fantaisie pour biologie marine_ retrace la vie et l'œuvre d'un homme qui joua un rôle essentiel dans l'histoire du cinéma. Ce cinéaste atypique, imprégné tant de la recherche scientifique que de l'esprit d'avant-garde, fut proche de Jean Vigo, d'Alexander Calder, de Luis Buñuel et de Sergueï M. Eisenstein. Il a su créer un dialogue entre deux disciplines : l'art et la science. Grâce à leur qualité esthétique, enrichie encore par la patine du temps, les images de Painlevé que le documentaire donne à voir n'ont rien perdu de leur magie, de leur fantastique, ni de leur poésie.
| Réalisateur | François Lévy-Kuentz |
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La singularité de l’œuvre de l’artiste Jean Painlevé et de sa femme Geneviève Hamon, demeurée injustement dans l’ombre, ne tient pas au fait qu’il ait été le premier à créer le genre du film scientifique. À mon sens, elle réside plutôt dans l'idée qu’il incarnait : celle selon laquelle la science a besoin de l’art pour appréhender et comprendre les mondes, en l’occurrence ici la faune sous-marine. À l’époque, de nombreux scientifiques décriaient son travail, le jugeant futile et sans intérêt.
Ce discours qui oppose la science à l’art, l’objectivité à la subjectivité, tend aujourd’hui à s’estomper dans certains milieux, au profit d’une convergence des regards, et tant mieux. L’anthropologue Tim Ingold n’a de cesse de défendre la nécessité d’une réconciliation entre art et science, en affirmant que l’avenir ne peut se construire que collectivement, par le dialogue et la conversation, en faisant de la vie humaine elle-même une conversation.
Mais là où se révèle peut-être la trace la plus durable laissée par cet artiste-scientifique – à part la notoire création de l’Union mondiale des documentaristes –, c’est d’avoir franchi une ligne dans son récit qui devient métaphorique et donne forme à ses engagements antifascistes et communistes, avec la liberté que seul un geste artistique peut habiter.
Painlevé pratiquait l’attention sensible nécessaire à l’art et à la science.
Sylvie Lapointe
Cinéaste

La singularité de l’œuvre de l’artiste Jean Painlevé et de sa femme Geneviève Hamon, demeurée injustement dans l’ombre, ne tient pas au fait qu’il ait été le premier à créer le genre du film scientifique. À mon sens, elle réside plutôt dans l'idée qu’il incarnait : celle selon laquelle la science a besoin de l’art pour appréhender et comprendre les mondes, en l’occurrence ici la faune sous-marine. À l’époque, de nombreux scientifiques décriaient son travail, le jugeant futile et sans intérêt.
Ce discours qui oppose la science à l’art, l’objectivité à la subjectivité, tend aujourd’hui à s’estomper dans certains milieux, au profit d’une convergence des regards, et tant mieux. L’anthropologue Tim Ingold n’a de cesse de défendre la nécessité d’une réconciliation entre art et science, en affirmant que l’avenir ne peut se construire que collectivement, par le dialogue et la conversation, en faisant de la vie humaine elle-même une conversation.
Mais là où se révèle peut-être la trace la plus durable laissée par cet artiste-scientifique – à part la notoire création de l’Union mondiale des documentaristes –, c’est d’avoir franchi une ligne dans son récit qui devient métaphorique et donne forme à ses engagements antifascistes et communistes, avec la liberté que seul un geste artistique peut habiter.
Painlevé pratiquait l’attention sensible nécessaire à l’art et à la science.
Sylvie Lapointe
Cinéaste
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