Le quartier d’Exarcheia, à Athènes, est connu pour être le berceau de l’anarchisme en Grèce. C’est là qu’avaient débuté le soulèvement contre la dictature des colonels en 1973 et, plus récemment, les émeutes de 2008. Foyer de la culture alternative, les squats et les cybercafés y ont fleuri ces dernières années. Aujourd’hui, l’endroit est aussi un refuge et un soutien pour les migrant·e·s. Nadine Gomez arpente les rues animées de ce microcosme pour tâter le pouls d’une société ébranlée par la crise économique et en première ligne de l’afflux migratoire. Le temps d’une nuit, elle recueille les paroles de ceux et celles qu’elle croise. Entre espoir et inquiétude, amour du vivre-ensemble ou peur de l’avenir, la multitude des voix dessine les contours d’un Occident traversé de paradoxes comme d’idéaux.
| Réalisateur | Nadine Gomez |
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Captées en 2018, ces images nocturnes retraçant les rues d’Athènes m’évoquent le temps qui passe. À cette époque, la crise économique sans précédent dans laquelle la Grèce était plongée depuis 2010 arrivait enfin à sa conclusion. Huit longues années en apnée pour un peuple visiblement à bout de souffle.
Et nous voilà encore huit ans plus tard – un autre saut dans le temps – devant ce film, témoin d’une époque pas si lointaine et qui, pourtant, nous semble si distante. Ces visages creusés par la chaude lumière des lampadaires, ces protagonistes qui s’échangent rêves et aspirations devant le tendre regard de la caméra, on se demande où ils sont rendus. S’ils ont accompli ce qu’ils souhaitaient tant jadis. Et ces murs, sont-ils toujours affublés de tous ces graffitis anti-capitalistes, ces appels à faire (et refaire) la révolution?
Exarcheia, petit quartier logé au cœur de la capitale grecque, est comme une antenne, ou plutôt une membrane hypersensible, qui capte chaque soubresaut politique qui parcourt le territoire hellénique et les condensent, les amplifient et les personnifient, marquant ses murs de sa gronde afin qu’on ne puisse l’oublier. Terre des étudiant·e·s, migrant·e·s, militant·e·s anarchistes, intellectuel·le·s et artistes, Exarcheia est un cœur qui bat; depuis menacé par la gentrification et son acolyte Airbnb, bien sûr. Comme quoi cette histoire n’a pas fini de se raconter.
Jason Todd
Programmateur et cinéaste

Captées en 2018, ces images nocturnes retraçant les rues d’Athènes m’évoquent le temps qui passe. À cette époque, la crise économique sans précédent dans laquelle la Grèce était plongée depuis 2010 arrivait enfin à sa conclusion. Huit longues années en apnée pour un peuple visiblement à bout de souffle.
Et nous voilà encore huit ans plus tard – un autre saut dans le temps – devant ce film, témoin d’une époque pas si lointaine et qui, pourtant, nous semble si distante. Ces visages creusés par la chaude lumière des lampadaires, ces protagonistes qui s’échangent rêves et aspirations devant le tendre regard de la caméra, on se demande où ils sont rendus. S’ils ont accompli ce qu’ils souhaitaient tant jadis. Et ces murs, sont-ils toujours affublés de tous ces graffitis anti-capitalistes, ces appels à faire (et refaire) la révolution?
Exarcheia, petit quartier logé au cœur de la capitale grecque, est comme une antenne, ou plutôt une membrane hypersensible, qui capte chaque soubresaut politique qui parcourt le territoire hellénique et les condensent, les amplifient et les personnifient, marquant ses murs de sa gronde afin qu’on ne puisse l’oublier. Terre des étudiant·e·s, migrant·e·s, militant·e·s anarchistes, intellectuel·le·s et artistes, Exarcheia est un cœur qui bat; depuis menacé par la gentrification et son acolyte Airbnb, bien sûr. Comme quoi cette histoire n’a pas fini de se raconter.
Jason Todd
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