Entre les usines abandonnées et les édifices décrépits de Griffintown se cache la plus vieille écurie de Montréal, dernier vestige d’une époque révolue. Dans cette enclave intrigante, anachronique, qui côtoie la modernité, le temps semble s’être arrêté. Mais depuis que son propriétaire vieillissant a décidé de vendre sa propriété, les jours du Horse Palace sont comptés...
| Réalisateurs | Nadine Gomez, Nadine Gomez |
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Le documentaire a souvent cette fonction essentielle : garder trace de ce qu’une certaine culture du progrès et de la rentabilité tend à effacer. Avec Le Horse Palace, Nadine Gomez s’attarde sur un espace en voie d’extinction — l’une des dernières écuries urbaines de Montréal, enfouie au cœur d’un Griffintown livré à la spéculation immobilière.
Construite en 1862, l’écurie fut longtemps un centre névralgique de la ville, où chevaux et cochers assuraient transport, déneigement et tourisme. Réduite aujourd’hui à une activité marginale, cette réalité s’efface sous la pression immobilière qui redessine le paysage urbain à grande vitesse.
À travers la figure digne et solitaire de Leo Leonard, propriétaire des lieux depuis des décennies, Le Horse Palace capte l’effacement progressif d’un pan de la mémoire ouvrière montréalaise. Griffintown, marqué par la présence irlandaise puis canadienne-française, fut longtemps un creuset de cultures populaires aujourd’hui oubliées. Gomez prolonge ici une veine documentaire amorcée par des cinéastes comme Sylvain L’Espérance (Les printemps incertains, 1992), en filmant les mutations urbaines comme autant de signes de fracture sociale.
Premier long métrage de la cinéaste à explorer le territoire urbain, Le Horse Palace annonce une préoccupation centrale de son œuvre : comprendre comment la ville se transforme, et ce que ces mutations révèlent de notre rapport à la mémoire, à la culture populaire et à la place des dominé·e·s dans l’espace urbain. Par un geste de cinéma juste et attentif, elle documente aussi l’érosion d’un certain Montréal — celui des travailleur·euse·s, des marges, des transmissions silencieuses.
Frédérick Pelletier
Cinéaste et professeur, École des médias, UQAM

Le documentaire a souvent cette fonction essentielle : garder trace de ce qu’une certaine culture du progrès et de la rentabilité tend à effacer. Avec Le Horse Palace, Nadine Gomez s’attarde sur un espace en voie d’extinction — l’une des dernières écuries urbaines de Montréal, enfouie au cœur d’un Griffintown livré à la spéculation immobilière.
Construite en 1862, l’écurie fut longtemps un centre névralgique de la ville, où chevaux et cochers assuraient transport, déneigement et tourisme. Réduite aujourd’hui à une activité marginale, cette réalité s’efface sous la pression immobilière qui redessine le paysage urbain à grande vitesse.
À travers la figure digne et solitaire de Leo Leonard, propriétaire des lieux depuis des décennies, Le Horse Palace capte l’effacement progressif d’un pan de la mémoire ouvrière montréalaise. Griffintown, marqué par la présence irlandaise puis canadienne-française, fut longtemps un creuset de cultures populaires aujourd’hui oubliées. Gomez prolonge ici une veine documentaire amorcée par des cinéastes comme Sylvain L’Espérance (Les printemps incertains, 1992), en filmant les mutations urbaines comme autant de signes de fracture sociale.
Premier long métrage de la cinéaste à explorer le territoire urbain, Le Horse Palace annonce une préoccupation centrale de son œuvre : comprendre comment la ville se transforme, et ce que ces mutations révèlent de notre rapport à la mémoire, à la culture populaire et à la place des dominé·e·s dans l’espace urbain. Par un geste de cinéma juste et attentif, elle documente aussi l’érosion d’un certain Montréal — celui des travailleur·euse·s, des marges, des transmissions silencieuses.
Frédérick Pelletier
Cinéaste et professeur, École des médias, UQAM
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