_Rojek_ va à la rencontre de membres incarcérés de l’État islamique provenant des quatre coins de la planète, et de leurs femmes détenues dans des camps-prisons, qui partagent un idéal commun : établir un califat. Confronté aux croyances fondamentalistes des djihadistes, le film tente de retracer le début, l’apogée et la chute de l’État islamique (EI) à travers leur histoire personnelle. Ces conversations, au travers desquelles s’entrelacent diverses séquences décrivant le Kurdistan syrien d’après-guerre, constituent le fil conducteur du documentaire.
| Réalisateur | Zaynê Akyol |
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En 2016, la cinéaste montréalaise d’origine kurde Zaynê Akyol nous offrait le saisissant Gulîstan, terre de roses, où elle suivait le quotidien de bataillons de guérilleras kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan combattant Daech. Six ans plus tard, en 2022, elle filme le contrechamp de ces femmes révolutionnaires en donnant la parole aux membres de l’État islamique incarcérés dans les prisons du Kurdistan syrien. Rarement un film n’aura offert un contrepoint aussi courageux et humaniste à une démarche qui touche autant les allégeances que les filiations intimes. Akyol répond à la barbarie et à l’horreur de Daech avec les armes de l’écoute. Elle interroge avec un sincère désir de comprendre les motivations intrinsèques qui ont pu mener ces êtres à commettre des actes d’extrême violence et à tout risquer pour défendre une idéologie meurtrière et vengeresse.
Ce qui émerge de cet exercice aussi périlleux que dangereux — les conditions de tournage ayant été particulièrement éprouvantes —, ce sont les contours d’explications géopolitiques, et une prise de conscience de la fragilité des êtres face à des idéologies totalisantes et séduisantes. Si les prises de vue aériennes offrent des moments de respiration entre des témoignages parfois glaçants, elles participent également à l’instauration d’un climat anxiogène et terrifiant où la fumée des raffineries illégales de pétrole noie toute perspective. Les enjeux économiques qui sous-tendent et soutiennent l’existence de cet enfer ne sont pas prêts de disparaître, et l’absence d’une réponse coordonnée et sincère de la part de la communauté internationale fait craindre le pire, alors que les attaques américaines fragilisent pour une énième fois une région déjà embrasée.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

En 2016, la cinéaste montréalaise d’origine kurde Zaynê Akyol nous offrait le saisissant Gulîstan, terre de roses, où elle suivait le quotidien de bataillons de guérilleras kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan combattant Daech. Six ans plus tard, en 2022, elle filme le contrechamp de ces femmes révolutionnaires en donnant la parole aux membres de l’État islamique incarcérés dans les prisons du Kurdistan syrien. Rarement un film n’aura offert un contrepoint aussi courageux et humaniste à une démarche qui touche autant les allégeances que les filiations intimes. Akyol répond à la barbarie et à l’horreur de Daech avec les armes de l’écoute. Elle interroge avec un sincère désir de comprendre les motivations intrinsèques qui ont pu mener ces êtres à commettre des actes d’extrême violence et à tout risquer pour défendre une idéologie meurtrière et vengeresse.
Ce qui émerge de cet exercice aussi périlleux que dangereux — les conditions de tournage ayant été particulièrement éprouvantes —, ce sont les contours d’explications géopolitiques, et une prise de conscience de la fragilité des êtres face à des idéologies totalisantes et séduisantes. Si les prises de vue aériennes offrent des moments de respiration entre des témoignages parfois glaçants, elles participent également à l’instauration d’un climat anxiogène et terrifiant où la fumée des raffineries illégales de pétrole noie toute perspective. Les enjeux économiques qui sous-tendent et soutiennent l’existence de cet enfer ne sont pas prêts de disparaître, et l’absence d’une réponse coordonnée et sincère de la part de la communauté internationale fait craindre le pire, alors que les attaques américaines fragilisent pour une énième fois une région déjà embrasée.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk
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