Avec _Imprint_, Louise Bourque explore de manière obsessionnelle la maison de son enfance à partir de ses films de famille qu'elle altère et transforme à répétition.
| Réalisateur | Louise Bourque |
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Comme l’a si justement souligné le critique de film américain Michael Sicinski, Imprint témoigne d’un déplacement de position vis-à-vis du motif de la maison, cher à l’œuvre de Louise Bourque. D’espace intérieur dans lequel la caméra jusque-là circulait, cette maison devient ici objet, voire dispositif visuel, approché de l’extérieur. Comme un seuil traversé qui délivre des puissances mémorielles que l’on s’affaire dès lors à manipuler, triturer, stratifier jusqu'à plus soif.
Et de fait, Imprint opère à partir d’une mémoire indicielle forte de résonances symboliques. Issue des home movies tournés par le père de la cinéaste, la séquence dégagée porte en son creux tout un travail affectif sur l’imagerie familiale de même qu’un renversement de regard porteur de transformations.
Au son percussif d’une mécanique abstraite qui fait écho au jeu visuel de la répétition, la façade de maison surgit, avec ses quelques figures essaimant son portail, à la façon d’une hantise que l’on cherche tour à tour à clarifier et à brouiller, à magnifier et à détruire. Chaque répétition de séquence libère un arsenal de processus, tels de petits démons de conscience, qui tantôt s’attaquent aux fenêtres par le grattage, tantôt isolent les figures à l’aide d’un cache, tantôt solarisent, déchirent, perforent, colorisent la pellicule, pour ne nommer que ces gestes, comme pour mieux incarner l’obsession que condense le motif et sensorialiser toutes les contradictions qui lui sont associées. Mais voici que la voix de Caruso chantant Un rêve se fait entendre. Peu à peu, l’image de la maison disparaît, ensevelie de couches picturales en mouvement. Et j’entends alors résonner le rire tendre et ironique de Louise Bourque.
Maude Trottier
Rédactrice en chef, revue Hors champ

Comme l’a si justement souligné le critique de film américain Michael Sicinski, Imprint témoigne d’un déplacement de position vis-à-vis du motif de la maison, cher à l’œuvre de Louise Bourque. D’espace intérieur dans lequel la caméra jusque-là circulait, cette maison devient ici objet, voire dispositif visuel, approché de l’extérieur. Comme un seuil traversé qui délivre des puissances mémorielles que l’on s’affaire dès lors à manipuler, triturer, stratifier jusqu'à plus soif.
Et de fait, Imprint opère à partir d’une mémoire indicielle forte de résonances symboliques. Issue des home movies tournés par le père de la cinéaste, la séquence dégagée porte en son creux tout un travail affectif sur l’imagerie familiale de même qu’un renversement de regard porteur de transformations.
Au son percussif d’une mécanique abstraite qui fait écho au jeu visuel de la répétition, la façade de maison surgit, avec ses quelques figures essaimant son portail, à la façon d’une hantise que l’on cherche tour à tour à clarifier et à brouiller, à magnifier et à détruire. Chaque répétition de séquence libère un arsenal de processus, tels de petits démons de conscience, qui tantôt s’attaquent aux fenêtres par le grattage, tantôt isolent les figures à l’aide d’un cache, tantôt solarisent, déchirent, perforent, colorisent la pellicule, pour ne nommer que ces gestes, comme pour mieux incarner l’obsession que condense le motif et sensorialiser toutes les contradictions qui lui sont associées. Mais voici que la voix de Caruso chantant Un rêve se fait entendre. Peu à peu, l’image de la maison disparaît, ensevelie de couches picturales en mouvement. Et j’entends alors résonner le rire tendre et ironique de Louise Bourque.
Maude Trottier
Rédactrice en chef, revue Hors champ
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