Un film engagé, anti-fleur bleue, qui célèbre le fécond et le féroce des forces de la nature réinventant leur rapport au féminin. Des images d’arbres en fleurs mises à tremper dans le sang menstruel durant plusieurs mois subissent une gestation de putréfaction dont les ravages viscéraux engendrent une beauté à la fois sombre et luminescente, leur donnant la splendeur baudelairienne « informe et multiforme » de « fleurs monstrueuses ». Le titre est inspiré d’une expression acadienne utilisée par les jeunes femmes pour faire allusion à leurs règles.
| Réalisateur | Louise Bourque |
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Avant de faire la rencontre de Louise, j’avais entendu parler du mythe entourant la création de son film Jours en fleurs. Grande artisane de l’image expérimentale, elle nous offre ici une imagerie qui ne peut être plus organique : des images de fleurs altérées par son sang menstruel. La première chose qui me vient en tête en regardant ce film, c’est de sentir la force de vivre qui habite Louise, et que l’on retrouve à travers ces images. Au fil de notre longue amitié, j’ai pu découvrir chez elle cette incroyable capacité à rendre poétiques les éléments qui composent son quotidien et qui font (et ont fait) partie de sa vie. Je trouve que c’est l’œuvre dans sa filmographie qui pousse le plus loin la force du lien entre matérialité et concept. Le sang qui incube des pellicules d’images de fleurs au printemps pour les faire renaitre à nouveau, c’est beau et audacieux!
Voici quelques choix créatifs que Louise a fait pour Jours en fleurs que je trouve excellents et intéressants à chaque visionnement :
• Elle remplace ses fameuses techniques de toning chimique par un toning naturel.
• Elle amène sa propre physicalité au-delà du geste de la main, en altérant l’image avec son corps, sans toucher la pellicule.
• Elle grave ses crédits sur l’émulsion. J’aime le fait que l’œuvre est littéralement signée de la main de l’artiste.
• Elle fait défiler les images de manière si fluide et fantomatique. Avec la conception sonore enveloppante, on devient un fragment de balade en forêt, accompagné par le chant des oiseaux.
Guillaume Vallée
Cinéaste expérimental et artiste vidéo

Avant de faire la rencontre de Louise, j’avais entendu parler du mythe entourant la création de son film Jours en fleurs. Grande artisane de l’image expérimentale, elle nous offre ici une imagerie qui ne peut être plus organique : des images de fleurs altérées par son sang menstruel. La première chose qui me vient en tête en regardant ce film, c’est de sentir la force de vivre qui habite Louise, et que l’on retrouve à travers ces images. Au fil de notre longue amitié, j’ai pu découvrir chez elle cette incroyable capacité à rendre poétiques les éléments qui composent son quotidien et qui font (et ont fait) partie de sa vie. Je trouve que c’est l’œuvre dans sa filmographie qui pousse le plus loin la force du lien entre matérialité et concept. Le sang qui incube des pellicules d’images de fleurs au printemps pour les faire renaitre à nouveau, c’est beau et audacieux!
Voici quelques choix créatifs que Louise a fait pour Jours en fleurs que je trouve excellents et intéressants à chaque visionnement :
• Elle remplace ses fameuses techniques de toning chimique par un toning naturel.
• Elle amène sa propre physicalité au-delà du geste de la main, en altérant l’image avec son corps, sans toucher la pellicule.
• Elle grave ses crédits sur l’émulsion. J’aime le fait que l’œuvre est littéralement signée de la main de l’artiste.
• Elle fait défiler les images de manière si fluide et fantomatique. Avec la conception sonore enveloppante, on devient un fragment de balade en forêt, accompagné par le chant des oiseaux.
Guillaume Vallée
Cinéaste expérimental et artiste vidéo
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