Sur une colline balayée par le vent, dans un lieu encore jeune et exempt de toute vie, une maison ancestrale se construit d’elle-même. La demeure s’anime, se bâtit, et nous illustre sa vie longue de cent cinquante années. Au fil des époques, elle nous amène à percevoir le passage du temps, les transformations de son milieu et sa vulnérabilité face à la frénésie inarrêtable de nos zones urbaines. La maison évolue ainsi tranquillement au cœur d’une ville grandissante et bourdonnante qui finira par expédier sa fin.
| Réalisateur | Alexa Tremblay-Francoeur |
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Au sol, quelques briques s’animent et lancent le bal; puis à leur tour, les pierres, les poutres et les vitres se dressent, s’empilent et s’accotent en rythme, prenant vite l’allure d’une fière maison sur la rive du Saguenay. La magie avec laquelle les traits s’assemblent sublime le charme tout en simplicité de la demeure. Puis, celle-ci accueille les saisons qui défilent et les années qui passent, avec leur lot d’occupant·e·s et de coups du sort; et avec eux, elle change de visage, évoluant de maison familiale à auberge touristique, pour finir par être une incongruité dans le paysage terriblement fonctionnel de la modernité.
Cette histoire muette et musicale est celle de la maison Bossé de Chicoutimi, construite en 1870, détruite en 2018, et aussi celle de bien d’autres vieilles bâtisses aimées puis oubliées. Alexa Tremblay-Francoeur la raconte avec autant de talent que de grâce, faisant de la maison l’héroïne de son film – les humains, eux, ne se devinent que par leurs ombres projetées sur les murs ou par leur activité tapageuse. Dans ce portrait d’immeuble, tout est mouvement. Et la cinéaste prend magnifiquement au mot le mot « animation » : donner vie aux choses inertes, mais aussi leur insuffler une âme.
Apolline Caron-Ottavi
Rédactrice et programmatrice
Cinémathèque québécoise

Au sol, quelques briques s’animent et lancent le bal; puis à leur tour, les pierres, les poutres et les vitres se dressent, s’empilent et s’accotent en rythme, prenant vite l’allure d’une fière maison sur la rive du Saguenay. La magie avec laquelle les traits s’assemblent sublime le charme tout en simplicité de la demeure. Puis, celle-ci accueille les saisons qui défilent et les années qui passent, avec leur lot d’occupant·e·s et de coups du sort; et avec eux, elle change de visage, évoluant de maison familiale à auberge touristique, pour finir par être une incongruité dans le paysage terriblement fonctionnel de la modernité.
Cette histoire muette et musicale est celle de la maison Bossé de Chicoutimi, construite en 1870, détruite en 2018, et aussi celle de bien d’autres vieilles bâtisses aimées puis oubliées. Alexa Tremblay-Francoeur la raconte avec autant de talent que de grâce, faisant de la maison l’héroïne de son film – les humains, eux, ne se devinent que par leurs ombres projetées sur les murs ou par leur activité tapageuse. Dans ce portrait d’immeuble, tout est mouvement. Et la cinéaste prend magnifiquement au mot le mot « animation » : donner vie aux choses inertes, mais aussi leur insuffler une âme.
Apolline Caron-Ottavi
Rédactrice et programmatrice
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