C’est au cours d’une audition dans leur établissement scolaire que les deux personnages de ce film ont rencontré le réalisateur. Séparément, chacun·e lui a raconté l’histoire de sa rupture amoureuse. Et si la fiction leur permettait de se remettre ensemble?
| Réalisateurs | Oscar Ruiz Navia, Oscar Ruiz Navia |
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Il se dégage de ce curieux – inclassable – objet cinématographique quelque chose comme une promesse de liberté. Cela a à voir avec l’approche d’Oscar Ruiz Navia, qui semble réinventer son cinéma à chaque nouveau film, comme si les films exigeaient de nouvelles manières de faire qui leur appartenaient en propre. Ici, ce qui guide la réalisation, ce sont les caractères de ces deux « personnages ». Camila et Maicol ont des gestuelles qui ne peuvent être répliquées. Eux aussi ont leurs manières de faire qui leur sont propres, même s’ils sont traversés par toutes sortes de mythes et de cultures : l’adolescence, le machisme, le langage, la culture populaire, le cinéma. Ce qu’implique d’être regardé par un cinéaste – comment prolonger cette bulle si spéciale par le biais de la mise en scène. Jouer le jeu de sa propre vie et se voir ainsi représenté, magnifié, vu. Les deux adolescent·e·s de Solecito sont à la fois totalement uniques, avec leurs tics de langage, leurs mimiques, leurs passés, leurs sentiments et leurs volontés, et ils sont des caractères; ils emprisonnent quelque chose de l’expérience humaine. Les promesses de l’adolescence et les déceptions de l’amour. Le basculement de l’entretien à la fiction permet d’ouvrir cet espace précieux qui existe en chacun; ces romances entretenues dans le creux de nos imaginaires et nos dialogues internes. Exister plus fort que la vie, comme un·e personnage de fiction, qu’elle soit littéraire, cinématographique ou documentaire…
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

Il se dégage de ce curieux – inclassable – objet cinématographique quelque chose comme une promesse de liberté. Cela a à voir avec l’approche d’Oscar Ruiz Navia, qui semble réinventer son cinéma à chaque nouveau film, comme si les films exigeaient de nouvelles manières de faire qui leur appartenaient en propre. Ici, ce qui guide la réalisation, ce sont les caractères de ces deux « personnages ». Camila et Maicol ont des gestuelles qui ne peuvent être répliquées. Eux aussi ont leurs manières de faire qui leur sont propres, même s’ils sont traversés par toutes sortes de mythes et de cultures : l’adolescence, le machisme, le langage, la culture populaire, le cinéma. Ce qu’implique d’être regardé par un cinéaste – comment prolonger cette bulle si spéciale par le biais de la mise en scène. Jouer le jeu de sa propre vie et se voir ainsi représenté, magnifié, vu. Les deux adolescent·e·s de Solecito sont à la fois totalement uniques, avec leurs tics de langage, leurs mimiques, leurs passés, leurs sentiments et leurs volontés, et ils sont des caractères; ils emprisonnent quelque chose de l’expérience humaine. Les promesses de l’adolescence et les déceptions de l’amour. Le basculement de l’entretien à la fiction permet d’ouvrir cet espace précieux qui existe en chacun; ces romances entretenues dans le creux de nos imaginaires et nos dialogues internes. Exister plus fort que la vie, comme un·e personnage de fiction, qu’elle soit littéraire, cinématographique ou documentaire…
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk
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