« Un journal filmé composé de brèves scènes qui n'ont pas été utilisées dans mes films achevés entre 1960 et 2000, ainsi que d’images vidéo autoréflexives tournées pendant le montage. De courts aperçus de ma famille, de mes ami·e·s, de la ville, des saisons, de mes voyages. De temps à autre, je parle, je me remémore des souvenirs ou je fais jouer de la musique que j’ai enregistrée au cours de ces années-là, ainsi que des improvisations au piano plus récentes d’Auguste Varkalis. C’est une sorte de poème autobiographique à la manière d’un journal intime, une célébration du bonheur et de la vie. Je me considère comme un homme heureux. » — Jonas Mekas
| Réalisateur | Jonas Mekas |
| Acteur | Naomie Décarie-Daigneault |
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L’enfant dort
La respiration est régulière et sourde
L’enfant s’accroche au veston de son père
Les vaches autour
Regardent la scène
Et broutent.
L’amoureuse lève ses yeux bleus électriques
Le ciel s’y reflète
La neige de New York est pure
Parce qu’elle vient d’un monde révolu.
Les mouvements proviennent
Du monde révolu
Celui qui tient éveillé la nuit
Celui qui habite vos songes
Et fait de l’ombre aux cauchemars des temps présents.
Les machines sont d’un monde révolu
Et semblent presque inoffensives
Regarder le film aujourd’hui,
C’est voir la chute annoncée
Et trembler devant des couleurs
Qui n’existent plus.
Les notes de piano font frémir le coeur
En parlant le langage révolu
Du monde révolu.
Les émotions sont-elles soumises
À une lente extinction?
Élégie des élégies.
Jonas parle la langue
Des poètes
De tous les siècles mélangés.
Les poètes sont encore parmi nous
Les machines échouent à les identifier.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

L’enfant dort
La respiration est régulière et sourde
L’enfant s’accroche au veston de son père
Les vaches autour
Regardent la scène
Et broutent.
L’amoureuse lève ses yeux bleus électriques
Le ciel s’y reflète
La neige de New York est pure
Parce qu’elle vient d’un monde révolu.
Les mouvements proviennent
Du monde révolu
Celui qui tient éveillé la nuit
Celui qui habite vos songes
Et fait de l’ombre aux cauchemars des temps présents.
Les machines sont d’un monde révolu
Et semblent presque inoffensives
Regarder le film aujourd’hui,
C’est voir la chute annoncée
Et trembler devant des couleurs
Qui n’existent plus.
Les notes de piano font frémir le coeur
En parlant le langage révolu
Du monde révolu.
Les émotions sont-elles soumises
À une lente extinction?
Élégie des élégies.
Jonas parle la langue
Des poètes
De tous les siècles mélangés.
Les poètes sont encore parmi nous
Les machines échouent à les identifier.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk
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