_Up the River with Acid_ est un documentaire intime et impressionniste de Harald Hutter, qui se déploie sur deux jours dans la vie de son père, Horst, ancien professeur dont le quotidien est profondément bouleversé par des troubles cognitifs. Tourné en 16 mm, le film observe avec délicatesse les gestes, les silences et les perceptions d’un homme dont la mémoire se fragmente, tout en esquissant le lien profond qui l’unit à son épouse.
| Réalisateur | Harald Hutter |
| Acteur | Jason Burnham |
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À l’intérieur d’une vieille maison baignée de lumière, un oiseau s’est emmuré. Décrivant des cercles concentriques, il voltige, cherchant une voie de passage. Le monde extérieur lui est tenu à distance par ces parois qui se dressent silencieuses, indifférentes. L’oiseau se souvient du ciel; pourtant ses ailes rencontrent des murs. L’oiseau se souvient...
Dans ce très beau film qui se déplie comme une lettre d’amour d’un fils adressée à ses parents – et dont le père est en situation de perte cognitive –, le cinéaste Harald Hutter explore la mémoire, le temps qui fuit et les liens familiaux avec beaucoup de tendresse et une grande acuité sensorielle. Traversé par une attention constante à la physicalité des corps et nourri par les écrits de la mère, le film nous donne à voir et à ressentir le quotidien du couple dans cette période cruciale de leur vie; ce présent où « apprendre à mourir est devenu un exercice plus pressant »... pour le père, mais également pour ses proches.
Dans cet apprentissage, mille et un processus mémoriels s’activent. Pour Horst, le père, la mémoire oscille entre dormance et errance : elle tourne, cherche, s’obstine, s’accroche. Parfois, elle retrouve ancrage. Dans un moment suspendu, touché par la grâce – un lent panoramique de 360° dévoilant une pièce de la maison habitée de souvenirs –, les parents du cinéaste évoquent leur première rencontre. Horst se souvient. De tout, y compris certains éléments que Francine, la mère, ne souhaite pas se remémorer.
Au-delà de la maladie, Up the River with Acid interroge notre rapport existentiel à la mémoire : comment elle habite notre intimité, comment elle ressurgit, se transmet, se fragmente, se partage, se conserve… volontairement ou pas. Comment elle devient source de création aussi, comme c’est le cas ici, quand un regard attentif, aimant et profondément humain s’en empare pour en faire un geste d’amour. Car que reste-t-il, au crépuscule de la vie, si ce n’est l’amour des siens?
Un oiseau n’oublie jamais comment voler.
Jason Burnham
Responsable éditorial de Tënk

À l’intérieur d’une vieille maison baignée de lumière, un oiseau s’est emmuré. Décrivant des cercles concentriques, il voltige, cherchant une voie de passage. Le monde extérieur lui est tenu à distance par ces parois qui se dressent silencieuses, indifférentes. L’oiseau se souvient du ciel; pourtant ses ailes rencontrent des murs. L’oiseau se souvient...
Dans ce très beau film qui se déplie comme une lettre d’amour d’un fils adressée à ses parents – et dont le père est en situation de perte cognitive –, le cinéaste Harald Hutter explore la mémoire, le temps qui fuit et les liens familiaux avec beaucoup de tendresse et une grande acuité sensorielle. Traversé par une attention constante à la physicalité des corps et nourri par les écrits de la mère, le film nous donne à voir et à ressentir le quotidien du couple dans cette période cruciale de leur vie; ce présent où « apprendre à mourir est devenu un exercice plus pressant »... pour le père, mais également pour ses proches.
Dans cet apprentissage, mille et un processus mémoriels s’activent. Pour Horst, le père, la mémoire oscille entre dormance et errance : elle tourne, cherche, s’obstine, s’accroche. Parfois, elle retrouve ancrage. Dans un moment suspendu, touché par la grâce – un lent panoramique de 360° dévoilant une pièce de la maison habitée de souvenirs –, les parents du cinéaste évoquent leur première rencontre. Horst se souvient. De tout, y compris certains éléments que Francine, la mère, ne souhaite pas se remémorer.
Au-delà de la maladie, Up the River with Acid interroge notre rapport existentiel à la mémoire : comment elle habite notre intimité, comment elle ressurgit, se transmet, se fragmente, se partage, se conserve… volontairement ou pas. Comment elle devient source de création aussi, comme c’est le cas ici, quand un regard attentif, aimant et profondément humain s’en empare pour en faire un geste d’amour. Car que reste-t-il, au crépuscule de la vie, si ce n’est l’amour des siens?
Un oiseau n’oublie jamais comment voler.
Jason Burnham
Responsable éditorial de Tënk
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