Ours, bisons, bouquetins, loups… dans un soleil d’hiver. Des présences dont nous nous sommes détourné·e·s. En dominant le vivant et en le détruisant, nous avons provoqué une crise sans précédent. Quatre femmes en lien avec la faune nous invitent à retisser les liens abîmés avec les mondes sauvages. Comment retrouver le chemin d’une cohabitation prospère?
| Réalisateur | Éliane de Latour |
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Chez Jung, l’animus est défini comme la force masculine de l’imagination féminine, en miroir de l’anima, force féminine de l’imagination masculine. En se référant aux concepts jungiens, Éliane de Latour a mis l’imagination au cœur de notre espoir de sauvegarde du vivant. « Les quatre tisseuses de mondes que je filme incarnent le nécessaire décentrement — par la réparation, la réflexion, l’art, le vivre-avec » : telle est la manière dont la cinéaste-anthropologue, dont c’est le dixième film, présente ses protagonistes. Il y a Sara, la jeune biologiste spécialiste de l’Antarctique; Francine, l’anachorète des Asturies; Marie-Pierre, la vétérinaire cévenole; et Isis, la Dibutade des temps modernes, qui fait surgir de l’ombre de ses modelés sur canevas l’âme des rapaces réfugiés dans l’hôpital de la faune de Marie-Pierre. Une image après l’autre, entre prises de vue animalières et notes audiovisuelles de terrain — héritage d’une anthropologue aguerrie à la collecte patiente des gestes et des paroles du soin de ces femmes archétypales —, le film s’attache à (re)construire l’échange de regards réciproques et égalitaires entre les animaux et nous, comme prémisse à la reprise de nos liens, alors que « nous marchons sur la tête », mais qu’il est encore temps. Des « liens d’échanges, de plaisir, de flux, d’émerveillement », s’émeut Sara. Des liens qui font « famille », confie Francine. Des liens de dépendance mutuelle « dans la grande chaîne du vivant », nous rappelle Marie-Pierre, en rêvant à l’avenir de son havre écologique du domaine de Nicouleau, tout juste acquis, où il sera possible, « entre les animaux, la nature et l’humain », de « refaire communauté ». Animus anima : comme une force qui porte ces femmes, dans un film qui nous presse de la faire nôtre.
Marion Froger
Professeure, Université de Montréal

Chez Jung, l’animus est défini comme la force masculine de l’imagination féminine, en miroir de l’anima, force féminine de l’imagination masculine. En se référant aux concepts jungiens, Éliane de Latour a mis l’imagination au cœur de notre espoir de sauvegarde du vivant. « Les quatre tisseuses de mondes que je filme incarnent le nécessaire décentrement — par la réparation, la réflexion, l’art, le vivre-avec » : telle est la manière dont la cinéaste-anthropologue, dont c’est le dixième film, présente ses protagonistes. Il y a Sara, la jeune biologiste spécialiste de l’Antarctique; Francine, l’anachorète des Asturies; Marie-Pierre, la vétérinaire cévenole; et Isis, la Dibutade des temps modernes, qui fait surgir de l’ombre de ses modelés sur canevas l’âme des rapaces réfugiés dans l’hôpital de la faune de Marie-Pierre. Une image après l’autre, entre prises de vue animalières et notes audiovisuelles de terrain — héritage d’une anthropologue aguerrie à la collecte patiente des gestes et des paroles du soin de ces femmes archétypales —, le film s’attache à (re)construire l’échange de regards réciproques et égalitaires entre les animaux et nous, comme prémisse à la reprise de nos liens, alors que « nous marchons sur la tête », mais qu’il est encore temps. Des « liens d’échanges, de plaisir, de flux, d’émerveillement », s’émeut Sara. Des liens qui font « famille », confie Francine. Des liens de dépendance mutuelle « dans la grande chaîne du vivant », nous rappelle Marie-Pierre, en rêvant à l’avenir de son havre écologique du domaine de Nicouleau, tout juste acquis, où il sera possible, « entre les animaux, la nature et l’humain », de « refaire communauté ». Animus anima : comme une force qui porte ces femmes, dans un film qui nous presse de la faire nôtre.
Marion Froger
Professeure, Université de Montréal
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