Les films de Margaret Tait

Les films de Margaret Tait

Née en 1918 à Kirkwall, dans les Orcades, en Écosse, Margaret Tait obtient son diplôme de médecine à l’université d’Édimbourg en 1941. De 1950 à 1952, elle suit des études de cinéma au Centro Sperimentale di Photographia à Rome avant de rentrer en Écosse, où elle fonde sa compagnie de production, Ancona Films, à Édimbourg. Dans les années 1960, Tait revient s’installer dans les Orcades où, au cours des décennies suivantes, elle réalise une série de films inspirés par les paysages et la culture orcadiennes. Sur ses trente-deux films, tous sauf trois ont été autofinancés. Elle écrit de la poésie et des récits et publie plusieurs ouvrages, dont trois recueils de poésie. Ses films, qui témoignent d'une démarche singulière, entre poésie et symphonie visuelle, ont eu une reconnaissance internationale. Margaret Tait a été le sujet de nombreux reportages en plus de faire l'objet du long métrage de Luke Fowler, Being in a Place - A Portrait of Margaret Tait en 2023. Son dernier film, Garden Pieces, a été achevé en 1998. Margaret Tait est décédée à Kirkwall en 1999.

 

« J’aime beaucoup de choses dans les films de Margaret Tait, mais ce qui me touche tout particulièrement, c'est la pointe d'espièglerie qui les traverse si souvent, incarnée dès les génériques d’ouverture qui ornent la plupart de ses œuvres : des lettres en blocs, comme celles que l’on trouve dans une boîte de jouets, des titres manuscrits tracés à la craie sur les trottoirs, ou encore des éclats de poterie disposés en mots. Cela évoque le caractère joueur de l’enfance, cette période de notre vie où la curiosité et l’émerveillement semblent nous venir avec tant de naturel.

 

Cet esprit se manifeste de multiples façons dans les films de Tait : le « Aha! » répété par un enfant dans Colour Poems ; les calembours et jeux de mots de A Portrait of Ga ; la bande sonore évoquant une boîte à musique dans Aerial ; ou encore les images d’un poète bien connu avançant en équilibre précaire sur la bordure d’un trottoir dans Hugh MacDiarmid: A Portrait. Plus qu’un simple choix esthétique, cette dimension ludique est, me semble-t-il, profondément éclairante. Les films de Tait semblent souvent nous inviter à prendre part à une forme de quête — non pas pour expliquer, comme on chercherait une réponse, mais pour le plaisir de l'exploration. »

 

Jack Guariento
Cinéaste et programmateur

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