« J’ai pensé que ma mère ferait un bon sujet de portrait – elle était là, déjà – et je me suis dit que cela me permettrait de faire une sorte de "film abstrait", dans le sens où il serait dépourvu de ce qu’on peut appeler une "grammaire cinématographique". Il est essentiellement constitué de plans qui ne suivent pas, connectés seulement par leur sujet, une seule fois par la couleur, et très rarement par le mouvement. » – Margaret Tait
| Réalisateur | Margaret Tait |
| Acteur | Jack Guariento |
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A Portrait of Ga est, à mes yeux, un magnifique exercice d’anthropologie qui s’interroge sur ce qui fait véritablement une personne. Dans un plan en particulier, on voit Ga, la mère de Margaret Tait, marcher puis courir vers un ciel sombre et menaçant, tandis qu’un discret arc-en-ciel scintille faiblement au-dessus de la route qui s’étend devant elle. Dans un autre, elle tourne sur elle-même dans une rue bordée de maisons en crépi quelque part — sans doute à Kirkwall — une cigarette allumée serrée entre ses lèvres souriantes.
Il y a ici une intimité qui témoigne de la proximité entre la cinéaste et son sujet. Sa caméra saisit une multitude de gestes familiers et répétés qu'elle seule aurait su remarquer : la manière dont sa mère sirote une tasse de thé, savoure une longue bouffée de cigarette, ou encore déballe méticuleusement un bonbon dur, en prenant soin de ne pas se coller les doigts, avant de le glisser dans sa bouche. S’attarder sur ces gestes, c’est aussi s’attarder sur des objets et des choses — une cigarette, un livre, un bonbon collant, un sol de pierre nu — qui, bien qu’inanimés, participent à notre existence et façonnent notre personnalité.
Il en va de même des lieux et des paysages. Les étendues venteuses des Orcades, les rues bordées de maisons en crépi, et même l’espace apparemment vide derrière Ga lorsqu’elle est assise sur sa chaise apparaissent comme des composantes aussi essentielles de son être que le mouvement de sa main, qui bat la mesure d’une chanson que nous n’entendons pas. Comme si Tait nous disait qu’une personne n’est jamais tout à fait complète sans un endroit où se tenir — ou s’asseoir, courir, fumer ou danser.
Jack Guariento
Cinéaste et programmateur

A Portrait of Ga est, à mes yeux, un magnifique exercice d’anthropologie qui s’interroge sur ce qui fait véritablement une personne. Dans un plan en particulier, on voit Ga, la mère de Margaret Tait, marcher puis courir vers un ciel sombre et menaçant, tandis qu’un discret arc-en-ciel scintille faiblement au-dessus de la route qui s’étend devant elle. Dans un autre, elle tourne sur elle-même dans une rue bordée de maisons en crépi quelque part — sans doute à Kirkwall — une cigarette allumée serrée entre ses lèvres souriantes.
Il y a ici une intimité qui témoigne de la proximité entre la cinéaste et son sujet. Sa caméra saisit une multitude de gestes familiers et répétés qu'elle seule aurait su remarquer : la manière dont sa mère sirote une tasse de thé, savoure une longue bouffée de cigarette, ou encore déballe méticuleusement un bonbon dur, en prenant soin de ne pas se coller les doigts, avant de le glisser dans sa bouche. S’attarder sur ces gestes, c’est aussi s’attarder sur des objets et des choses — une cigarette, un livre, un bonbon collant, un sol de pierre nu — qui, bien qu’inanimés, participent à notre existence et façonnent notre personnalité.
Il en va de même des lieux et des paysages. Les étendues venteuses des Orcades, les rues bordées de maisons en crépi, et même l’espace apparemment vide derrière Ga lorsqu’elle est assise sur sa chaise apparaissent comme des composantes aussi essentielles de son être que le mouvement de sa main, qui bat la mesure d’une chanson que nous n’entendons pas. Comme si Tait nous disait qu’une personne n’est jamais tout à fait complète sans un endroit où se tenir — ou s’asseoir, courir, fumer ou danser.
Jack Guariento
Cinéaste et programmateur
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