« Neuf courts-métrages liés entre eux. La mémoire, l’observation fortuite et l’imbrication de l’un dans l’autre. [...] Un poème commencé par des mots se poursuit à travers l’image. Certaines images sont réalisées par animation directe sur pellicule, d’autres sont captées par la caméra.» – Margaret Tait
| Réalisateur | Margaret Tait |
| Acteur | Jack Guariento |
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Dans une section du poème écrit qui sert également de voix off à Colour Poems (et qui fut l’élan initial du film), Tait évoque des souvenirs liés aux actualités cinématographiques qu’elle regardait sur la guerre civile espagnole. Elle devait alors être une jeune adulte, et ses souvenirs de cet événement semblent flous et peu fiables. Ce sentiment d’incomplétude façonne l’esthétique du film.
Des images — des oiseaux, des voiliers, des silhouettes courbées — sont dessinées directement sur la pellicule sous forme de simples traits, pulsant et se déplaçant de manière imprévisible à 24 images par seconde. Nous entendons des fragments partiels d’informations radiophoniques (des propos sur les guérilleros vénézuéliens, les manœuvres du Parti travailliste, la hausse du prix du pétrole, la météo). Dans une autre section, on voit une vieille paire de bottes de pluie debout, vides. Une des bottes bouge doucement et rythmiquement dans le vent, comme si elle battait la mesure d’une mélodie entraînante.
Dans les différents plans d’hommes marchant solennellement le long de la route, Tait les filme à partir des épaules, sans jamais nous montrer leurs visages. C’est peut-être une façon de suggérer une forme de fragmentation de la mémoire et de l’expérience : une image à moitié remémorée de l’acte de marcher, mais non de figures masculines précises. Mais on pourrait aussi y voir le point de vue d’un enfant observant les adultes — ces êtres étranges et insaisissables — accomplir quelque rituel tout aussi étrange et incompréhensible.
Jack Guariento
Cinéaste et programmateur

Dans une section du poème écrit qui sert également de voix off à Colour Poems (et qui fut l’élan initial du film), Tait évoque des souvenirs liés aux actualités cinématographiques qu’elle regardait sur la guerre civile espagnole. Elle devait alors être une jeune adulte, et ses souvenirs de cet événement semblent flous et peu fiables. Ce sentiment d’incomplétude façonne l’esthétique du film.
Des images — des oiseaux, des voiliers, des silhouettes courbées — sont dessinées directement sur la pellicule sous forme de simples traits, pulsant et se déplaçant de manière imprévisible à 24 images par seconde. Nous entendons des fragments partiels d’informations radiophoniques (des propos sur les guérilleros vénézuéliens, les manœuvres du Parti travailliste, la hausse du prix du pétrole, la météo). Dans une autre section, on voit une vieille paire de bottes de pluie debout, vides. Une des bottes bouge doucement et rythmiquement dans le vent, comme si elle battait la mesure d’une mélodie entraînante.
Dans les différents plans d’hommes marchant solennellement le long de la route, Tait les filme à partir des épaules, sans jamais nous montrer leurs visages. C’est peut-être une façon de suggérer une forme de fragmentation de la mémoire et de l’expérience : une image à moitié remémorée de l’acte de marcher, mais non de figures masculines précises. Mais on pourrait aussi y voir le point de vue d’un enfant observant les adultes — ces êtres étranges et insaisissables — accomplir quelque rituel tout aussi étrange et incompréhensible.
Jack Guariento
Cinéaste et programmateur
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