Les amours de la pieuvre


Image de couverture Les amours de la pieuvre

La grâce fluide d’une étreinte à huit bras, le regard velouté d’un œil impénétrable… Painlevé réalise un portrait fascinant de la pieuvre, spécimen sous-marin plein de mystères, sur une bande sonore composée par Pierre Henry, l’un des pionniers de la musique électroacoustique.


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Réalisateurs

Jean PainlevéGeneviève Hamon

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« Pour croire à la pieuvre, il faut l’avoir vue » écrivait Victor Hugo.

Donner à voir : c’est précisément ce qui traverse l’œuvre entière du cinéaste et biologiste français Jean Painlevé, qui s’est attelé toute sa vie à dévoiler les mystères du monde marin. Avec Les amours de la pieuvre, il transcende ce que l’imaginaire collectif a longtemps relégué au rôle d’« animal horrifique » pour en révéler la beauté, la finesse et l’incroyable complexité. Le film part de nos a priori à l’égard de ces espèces ayant trop souvent hanté nos rêves, contes et légendes pour mieux les déconstruire. Painlevé nous invite à reconnaître, dans l’altérité radicale de la pieuvre, une réelle intelligence — une conscience capable de sensibilité et d’émotions. 

Il ne s’agit pas ici d’une identification naïve ou d’une simple anthropomorphisation, mais d’une posture de disponibilité affective : accepter d’être touché par une autre forme de vie, et d’y percevoir une présence singulière, légitime, valide. Cette reconnaissance qui active la curiosité, fait tomber les gardes et engendre naturellement l’empathie. Comment rester indifférent lors de cette scène fascinante où une mère pieuvre veille sur ses œufs pendant des semaines, sans se nourrir, nettoyant inlassablement l’eau et l’environnement qui les entoure? De figure monstrueuse jadis à merveille de persévérance et d’attention!

Le film est le fruit d’un patient compagnonnage avec le Vivant : débuté vers 1958, il aura fallu près de dix ans pour l’achever, le tournage étant entièrement tributaire du cycle biologique de la pieuvre, qui ne pond qu’en août. Tourné principalement au Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer et à Roscoff, et reposant sur des techniques pionnières de macrophotographie et d’observation sous-marine, Les amours de la pieuvre apparaît aujourd’hui comme une œuvre rare : un habile mélange de rigueur scientifique et de poésie, qui nous rappelle que comprendre le Vivant commence souvent par apprendre à l’observer autrement.

 

Jason Burnham
Responsable éditorial de Tënk


  • Français

    Français

    13 mn

    Langue : Français
  • Année 1965
  • Pays France
  • Durée 13
  • Producteur Les Documents Cinématographiques
  • Langue Français
  • Sous-titres Anglais
  • Résumé court Jean Painlevé filme avec humour et théâtralité un de ses animaux fétiches, la pieuvre, sur une musique de Pierre Henry.
  • Ordre 5
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-01-02

« Pour croire à la pieuvre, il faut l’avoir vue » écrivait Victor Hugo.

Donner à voir : c’est précisément ce qui traverse l’œuvre entière du cinéaste et biologiste français Jean Painlevé, qui s’est attelé toute sa vie à dévoiler les mystères du monde marin. Avec Les amours de la pieuvre, il transcende ce que l’imaginaire collectif a longtemps relégué au rôle d’« animal horrifique » pour en révéler la beauté, la finesse et l’incroyable complexité. Le film part de nos a priori à l’égard de ces espèces ayant trop souvent hanté nos rêves, contes et légendes pour mieux les déconstruire. Painlevé nous invite à reconnaître, dans l’altérité radicale de la pieuvre, une réelle intelligence — une conscience capable de sensibilité et d’émotions. 

Il ne s’agit pas ici d’une identification naïve ou d’une simple anthropomorphisation, mais d’une posture de disponibilité affective : accepter d’être touché par une autre forme de vie, et d’y percevoir une présence singulière, légitime, valide. Cette reconnaissance qui active la curiosité, fait tomber les gardes et engendre naturellement l’empathie. Comment rester indifférent lors de cette scène fascinante où une mère pieuvre veille sur ses œufs pendant des semaines, sans se nourrir, nettoyant inlassablement l’eau et l’environnement qui les entoure? De figure monstrueuse jadis à merveille de persévérance et d’attention!

Le film est le fruit d’un patient compagnonnage avec le Vivant : débuté vers 1958, il aura fallu près de dix ans pour l’achever, le tournage étant entièrement tributaire du cycle biologique de la pieuvre, qui ne pond qu’en août. Tourné principalement au Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer et à Roscoff, et reposant sur des techniques pionnières de macrophotographie et d’observation sous-marine, Les amours de la pieuvre apparaît aujourd’hui comme une œuvre rare : un habile mélange de rigueur scientifique et de poésie, qui nous rappelle que comprendre le Vivant commence souvent par apprendre à l’observer autrement.

 

Jason Burnham
Responsable éditorial de Tënk


  • Français

    Français


    Durée : 13 minutes
    Langue : Français
    13 mn
  • Année 1965
  • Pays France
  • Durée 13
  • Producteur Les Documents Cinématographiques
  • Langue Français
  • Sous-titres Anglais
  • Résumé court Jean Painlevé filme avec humour et théâtralité un de ses animaux fétiches, la pieuvre, sur une musique de Pierre Henry.
  • Ordre 5
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-01-02

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