Au cours d'un voyage en train entre Toronto et Moose Bay en compagnie de sa mère et de deux amis, Keith Lock — alors assistant de Michael Snow — a réalisé un récit de voyage impressionniste en utilisant la technique du « tourné-monté » qui consiste à filmer chronologiquement les plans dans l’ordre du montage final, en effectuant les coupes directement à la caméra plutôt qu’en postproduction.
| Réalisateurs | Keith Lock, Keith Lock |
| Partager sur |
Keith Lock est le James Bond des diaristes dans ce road movie documentaire à la découverte d’un Ontario aux multiples facettes. En voiture, en train ou en canot à moteur, il ne cesse d’avancer dans les landes pittoresques de sa province natale, glanant au passage des images de ses compagnons parmi les décors discontinus d’un Canada hétéroclite. Relatant un voyage de Toronto vers Moose Factory en passant par « la porte de l’Arctique », Moosonee, Going nous donne à voir une série de panoramas fugaces et incantatoires dignes d’une carte postale sociologique. Anticipant la posture analytique de Parade, le réalisateur en profite pour opposer les notions de linéarité et de simultanéité grâce à un montage in camera qui lui permet d’abouter, puis de superposer les plans afin de cerner un monde (et un cinéma) à mi-chemin entre le rêve et la réalité.
Des paysages suburbains aux étendues sauvages, de la machinerie agricole aux manoirs isolés, des clochers, aux banques, aux réserves autochtones sur la guitare folk mélancolique de Roy Patterson, Lock réalise une petite ethnographie du peuple canadien et une courte histoire de son cinéma. On pense à la critique coloniale de Christmas at Moose Factory (1971) tout en anticipant les délires ferroviaires du cultissime Home for Christmas (1978) par voie du fétichisme véhiculaire de The Romance of Transportation in Canada (1952). Tout cela grâce au train, dont l’apparition à l’écran initie une série de superpositions d’images qui évoquent une impression de vitesse, un emballement de l’appareillage cinématographique, grisé par l’euphorie du voyage et le désir naïf d’immortaliser la nation sous tous ses angles.
Olivier Thibodeau
Critique
Présenté en partenariat avec

Keith Lock est le James Bond des diaristes dans ce road movie documentaire à la découverte d’un Ontario aux multiples facettes. En voiture, en train ou en canot à moteur, il ne cesse d’avancer dans les landes pittoresques de sa province natale, glanant au passage des images de ses compagnons parmi les décors discontinus d’un Canada hétéroclite. Relatant un voyage de Toronto vers Moose Factory en passant par « la porte de l’Arctique », Moosonee, Going nous donne à voir une série de panoramas fugaces et incantatoires dignes d’une carte postale sociologique. Anticipant la posture analytique de Parade, le réalisateur en profite pour opposer les notions de linéarité et de simultanéité grâce à un montage in camera qui lui permet d’abouter, puis de superposer les plans afin de cerner un monde (et un cinéma) à mi-chemin entre le rêve et la réalité.
Des paysages suburbains aux étendues sauvages, de la machinerie agricole aux manoirs isolés, des clochers, aux banques, aux réserves autochtones sur la guitare folk mélancolique de Roy Patterson, Lock réalise une petite ethnographie du peuple canadien et une courte histoire de son cinéma. On pense à la critique coloniale de Christmas at Moose Factory (1971) tout en anticipant les délires ferroviaires du cultissime Home for Christmas (1978) par voie du fétichisme véhiculaire de The Romance of Transportation in Canada (1952). Tout cela grâce au train, dont l’apparition à l’écran initie une série de superpositions d’images qui évoquent une impression de vitesse, un emballement de l’appareillage cinématographique, grisé par l’euphorie du voyage et le désir naïf d’immortaliser la nation sous tous ses angles.
Olivier Thibodeau
Critique
Présenté en partenariat avec
English