Le cinéaste sino-canadien Keith Lock raconte comment sa mère a épousé son père alors que celui-ci s’entraînait avec d’autres vétérans volontaires sino-canadiens pour une mission suicide top secrète : l’opération Oblivion. Cette histoire extraordinaire se déroule sur fond de Seconde Guerre mondiale, à une époque où les Canadiens d'origine chinoise n’avaient pas le droit de vote, ne pouvaient pas se baigner dans les piscines publiques ni embaucher des femmes blanches dans leurs commerces. Lock rend hommage à son père, à sa mère et à la communauté des vétérans sino-canadiens, qu’il célèbre comme des figures audacieuses, fougueuses et résolument rebelles, dont l’avenir restait encore à écrire — un témoignage vibrant d’un moment marquant de l’histoire sino-canadienne.
| Réalisateur | Keith Lock |
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Réalisé en quelque sorte dans le cadre du 100e anniversaire de l’inexcusable Loi sur l’exclusion des Chinois, le film nous plonge dans un monde tout aussi méconnu que son réalisateur, et néanmoins absolument fascinant, celui de l’histoire mouvementée de la communauté sino-canadienne, des efforts extraordinaires qui ont été nécessaires pour lui permettre de forger son acceptation au pays et de l’incroyable participation de certains de ses hommes à l’effort militaire canadien durant la Seconde Guerre mondiale.
Si ce documentaire semble classique et relativement conventionnel en apparence, avec son montage d’archives photographiques à la Ken Burns, il dévoile tout de même un cœur instructif résolument inédit et une réflexion très personnelle subtilement filtrée en filigrane. Ce noyau informatif est concentré dans les révélations étonnantes sur le rôle secret des soldats sino-canadiens dans l’opération Oblivion et sur les violences psychologiques infligées à la communauté chinoise au pays. Ses membres étaient non seulement mal accepté·e·s par la population générale, mais ils voyaient aussi leurs mouvements, leurs perspectives d’avenir professionnel et leurs espoirs de fonder une famille volontairement restreints par une diversité de mesures réglementaires racistes adoptées par plusieurs paliers de gouvernement. Quant à la méditation quasi confidentielle, elle se trouve dans l’accent mis par Lock, discrètement et dans un ton neutre, sur le paradoxe insoutenable auquel les Sino-Canadien·ne·s étaient soumis·e·s, entre leurs talents réels remarquables et l’ignorance crasse qui contrôlait leur présence dans la société canadienne. La réflexion se trouve aussi dans ce passé qui affleure dans le présent, dans ces souvenirs qui nous ont été dévoilés en noir et blanc et qui surgissent tout à coup au détour de scènes contemporaines en couleur.
Aussi, si l’on plonge dans Relics of Love and War avec une impression de confort rassurant dans la forme, on en ressort avec un sentiment de stupéfaction, d’indignation, d’empathie et de contemplation profondément stimulant.
Claire Valade
Critique et programmatrice
Présenté en partenariat avec

Réalisé en quelque sorte dans le cadre du 100e anniversaire de l’inexcusable Loi sur l’exclusion des Chinois, le film nous plonge dans un monde tout aussi méconnu que son réalisateur, et néanmoins absolument fascinant, celui de l’histoire mouvementée de la communauté sino-canadienne, des efforts extraordinaires qui ont été nécessaires pour lui permettre de forger son acceptation au pays et de l’incroyable participation de certains de ses hommes à l’effort militaire canadien durant la Seconde Guerre mondiale.
Si ce documentaire semble classique et relativement conventionnel en apparence, avec son montage d’archives photographiques à la Ken Burns, il dévoile tout de même un cœur instructif résolument inédit et une réflexion très personnelle subtilement filtrée en filigrane. Ce noyau informatif est concentré dans les révélations étonnantes sur le rôle secret des soldats sino-canadiens dans l’opération Oblivion et sur les violences psychologiques infligées à la communauté chinoise au pays. Ses membres étaient non seulement mal accepté·e·s par la population générale, mais ils voyaient aussi leurs mouvements, leurs perspectives d’avenir professionnel et leurs espoirs de fonder une famille volontairement restreints par une diversité de mesures réglementaires racistes adoptées par plusieurs paliers de gouvernement. Quant à la méditation quasi confidentielle, elle se trouve dans l’accent mis par Lock, discrètement et dans un ton neutre, sur le paradoxe insoutenable auquel les Sino-Canadien·ne·s étaient soumis·e·s, entre leurs talents réels remarquables et l’ignorance crasse qui contrôlait leur présence dans la société canadienne. La réflexion se trouve aussi dans ce passé qui affleure dans le présent, dans ces souvenirs qui nous ont été dévoilés en noir et blanc et qui surgissent tout à coup au détour de scènes contemporaines en couleur.
Aussi, si l’on plonge dans Relics of Love and War avec une impression de confort rassurant dans la forme, on en ressort avec un sentiment de stupéfaction, d’indignation, d’empathie et de contemplation profondément stimulant.
Claire Valade
Critique et programmatrice
Présenté en partenariat avec
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