The Dreaming House


Image de couverture The Dreaming House

Le cinéaste, son père et son plus jeune enfant passent devant la maison du quartier chinois où le père du cinéaste est né, créant ainsi un moment sublime.


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Keith Lock

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L’élément déclencheur de cette maison qui rêve est une juxtaposition d’éléments qui se rencontrent en toute banalité : le père du cinéaste conduit la poussette du plus jeune enfant de ce dernier de l’autre côté de la rue où se tient encore, toute délabrée, la maison où le grand-père est né. Trois générations se rencontrent en une prise, suivie d’un plan de soleil qui se lève, d’une fleur qui s’ouvre. « La vie est douce », murmure la voix de Keith Lock, qui se demande si l’existence n’est pas un rêve dont on finirait par se réveiller dans la mort. Ici comme ailleurs dans sa démarche consacrée à excaver la mémoire, le cinéaste se fascine pour l’esthétique de la trace, alors qu’il filme des individus en train de devenir une mémoire, pendant que la narration nous explique qu’en chaque rencontre, en chaque geste, se trouve peut-être déjà un rêve en train de s’écrire. D’un saut narratif à l’autre, ce que Lock explore au dos de cette maison délabrée, c’est finalement l’historicité du père étranger pourtant né ici, celui qui se fond dans le paysage comme la maison, et dont la trace perdure dans cette mémoire familiale et dans toutes celles où s’inscrit sa présence. Enfin, le plan qui avait tout déclenché réapparaît et l’on remarque peut-être cette fois mieux un couple de jeunes parents à l’arrière-plan, conduisant leur poussette dans la direction opposée, dans une étrange et poétique symétrie. La boucle du film se boucle dans celle d’une autre trace familiale qui n’appartient pas à celle du clan Lock mais qui s’esquisse le temps d’un plan. La maison des rêves s’avère autant le souvenir de la vie familiale que le témoin discret de celle des autres, un point de repère.

 

Mathieu Li-Goyette
Critique de cinéma, programmateur, chercheur
et rédacteur en chef de la revue Panorama-cinéma
 


 

Présenté en partenariat avec
 

 


  • English

    English

    6 mn

    Langue : English
  • Année 2005
  • Pays Canada
  • Durée 6
  • Producteur Wondrous Light Inc.
  • Langue Anglais
  • Résumé court Le cinéaste, son père et son plus jeune enfant passent devant la maison du quartier chinois où le père du cinéaste est né, créant ainsi un moment sublime.
  • Ordre 6
  • Capsule film <p>En compl&eacute;ment, consultez le dossier sp&eacute;cial <a href="https://www.panorama-cinema.com/V2/article.php?categorie=3&amp;id=1381"><span style="color:#008080;"><em><strong>Les diasporas intimes de Keith Lock</strong></em></span></a> publi&eacute; chez&nbsp;<em>Panorama-cin&eacute;ma.</em></p> <p>&nbsp;</p> <p style="text-align: center;"><a href="https://www.panorama-cinema.com/V2/index.php" target="_blank"><img src="https://dhkhp2rgto9nq.cloudfront.net/img/cms/LOGO_SIMPLE_PANO_300DPI-1.png" style="height: 68px; width: 250px;" /></a></p>
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-05-29

L’élément déclencheur de cette maison qui rêve est une juxtaposition d’éléments qui se rencontrent en toute banalité : le père du cinéaste conduit la poussette du plus jeune enfant de ce dernier de l’autre côté de la rue où se tient encore, toute délabrée, la maison où le grand-père est né. Trois générations se rencontrent en une prise, suivie d’un plan de soleil qui se lève, d’une fleur qui s’ouvre. « La vie est douce », murmure la voix de Keith Lock, qui se demande si l’existence n’est pas un rêve dont on finirait par se réveiller dans la mort. Ici comme ailleurs dans sa démarche consacrée à excaver la mémoire, le cinéaste se fascine pour l’esthétique de la trace, alors qu’il filme des individus en train de devenir une mémoire, pendant que la narration nous explique qu’en chaque rencontre, en chaque geste, se trouve peut-être déjà un rêve en train de s’écrire. D’un saut narratif à l’autre, ce que Lock explore au dos de cette maison délabrée, c’est finalement l’historicité du père étranger pourtant né ici, celui qui se fond dans le paysage comme la maison, et dont la trace perdure dans cette mémoire familiale et dans toutes celles où s’inscrit sa présence. Enfin, le plan qui avait tout déclenché réapparaît et l’on remarque peut-être cette fois mieux un couple de jeunes parents à l’arrière-plan, conduisant leur poussette dans la direction opposée, dans une étrange et poétique symétrie. La boucle du film se boucle dans celle d’une autre trace familiale qui n’appartient pas à celle du clan Lock mais qui s’esquisse le temps d’un plan. La maison des rêves s’avère autant le souvenir de la vie familiale que le témoin discret de celle des autres, un point de repère.

 

Mathieu Li-Goyette
Critique de cinéma, programmateur, chercheur
et rédacteur en chef de la revue Panorama-cinéma
 


 

Présenté en partenariat avec
 

 


  • English

    English


    Durée : 6 minutes
    Langue : English
    6 mn
  • Année 2005
  • Pays Canada
  • Durée 6
  • Producteur Wondrous Light Inc.
  • Langue Anglais
  • Résumé court Le cinéaste, son père et son plus jeune enfant passent devant la maison du quartier chinois où le père du cinéaste est né, créant ainsi un moment sublime.
  • Ordre 6
  • Capsule film <p>En compl&eacute;ment, consultez le dossier sp&eacute;cial <a href="https://www.panorama-cinema.com/V2/article.php?categorie=3&amp;id=1381"><span style="color:#008080;"><em><strong>Les diasporas intimes de Keith Lock</strong></em></span></a> publi&eacute; chez&nbsp;<em>Panorama-cin&eacute;ma.</em></p> <p>&nbsp;</p> <p style="text-align: center;"><a href="https://www.panorama-cinema.com/V2/index.php" target="_blank"><img src="https://dhkhp2rgto9nq.cloudfront.net/img/cms/LOGO_SIMPLE_PANO_300DPI-1.png" style="height: 68px; width: 250px;" /></a></p>
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-05-29

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