Le grand remue-ménage


Image de couverture Le grand remue-ménage

_Le grand remue-ménage_ remet en question à la fois de manière caustique et humoristique les rôles et les stéréotypes masculins et féminins traditionnels inculqués dès l’enfance par notre éducation. Le film illustre deux mondes opposés : celui de « l’éternel masculin » et celui de « l’éternel féminin » à travers les comportements, les préoccupations, le travail et les aspirations de femmes et d’hommes, mais aussi les jeux, les projets et les rêves des enfants.

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Sylvie Groulx,  Francine Allaire

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J’ai rencontré Sylvie Groulx pendant mes études à l’UQAM. Elle avait généreusement accepté ma demande d’entrevue pour mon mémoire sur le cinéma des femmes. Je me souviens de ma nervosité avant notre rencontre, comme si je m’apprêtais à rencontrer une rock star. C’en était une à mes yeux!

J’avais visionné Le grand remue-ménage et m’étais sentie interpellée par la dénonciation des inégalités que les femmes subissent depuis toujours et des abus systémiques auxquels elles continuaient de faire face au quotidien. J’y reconnaissais l’importance de documenter ces réalités trop souvent passées sous silence et j’y retrouvais cette soif de justice qui m’animait déjà.

Toutefois, j’avais l’impression que les rapports entre les hommes et les femmes avaient évolué depuis la fin des années 1970, que le machisme ordinaire au cœur du grand remue-ménage appartenait à une époque révolue. Ces hommes qui parlent fort et à travers leur chapeau, qui se vantent de leurs exploits sportifs ou sexuels dans des boys clubs où la compétition, la force, la domination et l’argent sont omniprésents et valorisés. Le film dépeignait une société où le sexisme se transmet de la cour de récréation à la maison, où les mères sont à la fois piliers de la famille et prisonnières de leur rôle, et où les petites filles comprennent très vite que le mariage n’est peut-être pas le meilleur chemin lorsqu’on rêve de liberté.

C’était à des années-lumière de ma réalité de jeune femme naïve qui ne s’était pas encore frottée au monde réel. Puis, j’ai eu moi-même des enfants, connu mon lot d’expériences sexistes, parfois violentes, tant dans la sphère privée que professionnelle. La société avait-elle tant changé?

En revoyant le film récemment, j’y ai trouvé un écho troublant avec l’actualité. Alors qu’on espérait voir les rôles traditionnels se transformer durablement, la montée des discours masculinistes et le recul actuel de certains acquis féministes nous rappellent que rien n’est jamais gagné, que tout demeure fragile.

Ce film demeure donc un rappel essentiel que les mécanismes de domination ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Il m’apparaît aujourd’hui comme une invitation à rester vigilant·e·s, encore et toujours.


 

Marie-Julie Garneau
Créatrice, idéatrice et gestionnaire de projet multidisciplinaire


  • Français

    Français


    Langue : Français
  • Année 1978
  • Pays Québec
  • Durée 70
  • Producteur Les Productions de l'Envol
  • Langue Français
  • Résumé court Avec causticité et humour, ce film déconstruit les rôles et stéréotypes de genre transmis dès l’enfance par l’éducation.
  • Ordre 2
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-10-16

J’ai rencontré Sylvie Groulx pendant mes études à l’UQAM. Elle avait généreusement accepté ma demande d’entrevue pour mon mémoire sur le cinéma des femmes. Je me souviens de ma nervosité avant notre rencontre, comme si je m’apprêtais à rencontrer une rock star. C’en était une à mes yeux!

J’avais visionné Le grand remue-ménage et m’étais sentie interpellée par la dénonciation des inégalités que les femmes subissent depuis toujours et des abus systémiques auxquels elles continuaient de faire face au quotidien. J’y reconnaissais l’importance de documenter ces réalités trop souvent passées sous silence et j’y retrouvais cette soif de justice qui m’animait déjà.

Toutefois, j’avais l’impression que les rapports entre les hommes et les femmes avaient évolué depuis la fin des années 1970, que le machisme ordinaire au cœur du grand remue-ménage appartenait à une époque révolue. Ces hommes qui parlent fort et à travers leur chapeau, qui se vantent de leurs exploits sportifs ou sexuels dans des boys clubs où la compétition, la force, la domination et l’argent sont omniprésents et valorisés. Le film dépeignait une société où le sexisme se transmet de la cour de récréation à la maison, où les mères sont à la fois piliers de la famille et prisonnières de leur rôle, et où les petites filles comprennent très vite que le mariage n’est peut-être pas le meilleur chemin lorsqu’on rêve de liberté.

C’était à des années-lumière de ma réalité de jeune femme naïve qui ne s’était pas encore frottée au monde réel. Puis, j’ai eu moi-même des enfants, connu mon lot d’expériences sexistes, parfois violentes, tant dans la sphère privée que professionnelle. La société avait-elle tant changé?

En revoyant le film récemment, j’y ai trouvé un écho troublant avec l’actualité. Alors qu’on espérait voir les rôles traditionnels se transformer durablement, la montée des discours masculinistes et le recul actuel de certains acquis féministes nous rappellent que rien n’est jamais gagné, que tout demeure fragile.

Ce film demeure donc un rappel essentiel que les mécanismes de domination ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Il m’apparaît aujourd’hui comme une invitation à rester vigilant·e·s, encore et toujours.


 

Marie-Julie Garneau
Créatrice, idéatrice et gestionnaire de projet multidisciplinaire


  • Français

    Français


    Langue : Français
  • Année 1978
  • Pays Québec
  • Durée 70
  • Producteur Les Productions de l'Envol
  • Langue Français
  • Résumé court Avec causticité et humour, ce film déconstruit les rôles et stéréotypes de genre transmis dès l’enfance par l’éducation.
  • Ordre 2
  • TLF_Applismb 1
  • Date édito 2026-10-16

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