Il y a des jours où l'on n’en peut plus de la ville, où nos yeux ne supportent plus de ne voir que des bâtiments, et nos oreilles de n’entendre que des moteurs. Alors on y va. On passe du trottoir au sentier, et nous voilà dans le bois. La rumeur de la ville s’éloigne, on est dans une prairie très loin. C’est la campagne, la forêt, l’enfance qui revient. On y croit, on y est. C’est une illusion vraie, un monde sauvage à portée de main, un lieu pour tous et toutes. Le paradis retrouvé... Qui sait?
| Réalisateur | Claire Simon |
| Acteur | Emmanuel Bernier |
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Le bois dont les rêves sont faits… Avec ce titre, on entre dans un territoire de conte, dans un lieu magique. Et pour nous y emmener, la voix un peu éraillée de la cinéaste Claire Simon, ainsi que sa caméra, scrutatrice, jamais tout à fait posée, car en quête, menée par le désir de l’autre, de la rencontre. Et quoi de mieux, pour provoquer rencontre, que de commencer par sortir de chez soi, marcher ou prendre le vélo… Très peu d’autos d’ailleurs dans ce film, que leur brouhaha lointain. Protégé·e·s que nous sommes du monde extérieur moderne, bruyant, harassant à la longue. Ici, pour tous les êtres qui peuplent ce film, c’est un havre à l’intérieur d’une grande métropole. C’est le bois de Vincennes, à Paris, mais ça pourrait tout aussi bien être New York, Londres, Montréal. C’est une utopie, mais une vraie, qui marche, justement, comme nous dit la fille de Gilles Deleuze. Claire Simon l'interroge, alors qu'elle revient sur les lieux de l’université expérimentale de Vincennes, maintenant complètement rasée, où son père enseignait la philosophie selon un modèle démocratique novateur, en digne héritier de 1968 : ouverte à tou·te·s, diplômé·e·s ou non, avec des horaires atypiques pour mieux desservir les travailleur·euse·s et selon un cursus à la carte. Il n’y a plus que les vieux arbres, toujours debout, qui se souviennent. Ainsi que ce film, debout lui aussi, qui nous enseigne à le rester et à avancer dans la bonne direction à travers ce monde de dingues, car « si ma promenade est une promenade, je ne suis plus un je, je suis un événement » (Deleuze, toujours). Alors il ne me reste qu’à vous la souhaiter : bonne promenade!
Emmanuel Bernier
Artiste, ornithologue et responsable des acquisitions chez Tënk

Le bois dont les rêves sont faits… Avec ce titre, on entre dans un territoire de conte, dans un lieu magique. Et pour nous y emmener, la voix un peu éraillée de la cinéaste Claire Simon, ainsi que sa caméra, scrutatrice, jamais tout à fait posée, car en quête, menée par le désir de l’autre, de la rencontre. Et quoi de mieux, pour provoquer rencontre, que de commencer par sortir de chez soi, marcher ou prendre le vélo… Très peu d’autos d’ailleurs dans ce film, que leur brouhaha lointain. Protégé·e·s que nous sommes du monde extérieur moderne, bruyant, harassant à la longue. Ici, pour tous les êtres qui peuplent ce film, c’est un havre à l’intérieur d’une grande métropole. C’est le bois de Vincennes, à Paris, mais ça pourrait tout aussi bien être New York, Londres, Montréal. C’est une utopie, mais une vraie, qui marche, justement, comme nous dit la fille de Gilles Deleuze. Claire Simon l'interroge, alors qu'elle revient sur les lieux de l’université expérimentale de Vincennes, maintenant complètement rasée, où son père enseignait la philosophie selon un modèle démocratique novateur, en digne héritier de 1968 : ouverte à tou·te·s, diplômé·e·s ou non, avec des horaires atypiques pour mieux desservir les travailleur·euse·s et selon un cursus à la carte. Il n’y a plus que les vieux arbres, toujours debout, qui se souviennent. Ainsi que ce film, debout lui aussi, qui nous enseigne à le rester et à avancer dans la bonne direction à travers ce monde de dingues, car « si ma promenade est une promenade, je ne suis plus un je, je suis un événement » (Deleuze, toujours). Alors il ne me reste qu’à vous la souhaiter : bonne promenade!
Emmanuel Bernier
Artiste, ornithologue et responsable des acquisitions chez Tënk
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